Doge Diplomat et Plymouth Gran Fury

Histoire

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Vedettes de la télévision américaine.

 

Même si, au sein de la production automobile américaine des années 70 et 80, ces deux modèles ne se différenciaient guère, tant sur la plan technique qu’esthétique, des autres voitures de même catégorie (celle des modèles « medium-size ») produits par les autres constructeurs américains à l’ époque (que ce soit General Motors, Ford ou AMC), les Dodge Diplomat et Plymouth Gran Fury ont néanmoins marqué, inconsciemment mais néanmoins de manière assez forte, l’ esprit du public (tant en Europe qu’ aux Etats-Unis). Ceci, par leur omniprésence dans les (nombreuses) séries policières tournées durant ces années-là, où, comme dans la réalité d’ailleurs, elles figuraient parmi les montures favorites des forces de Police et des chauffeurs de taxis. Ce qui ont fait d’ elles, à l’ époque, tout comme les acteurs ou actrices à bord desquelles ceux-ci roulaient, des vedettes de la télévision américaine.

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A l’ origine, le nom Diplomat a été utilisé par Dodge pour désigner sur ses coupés produits entre 1950 et 1954. (Avant cela, Chrysler l’ avait également utilisé pour la version export des modèles De Soto entre 1946 et 1961 – année de la disparition de la marque).

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Entre 1975 et 1977, l’ appellation Diplomat a également été utilisée sur une version du coupé Dodge Royal Monaco). Son châssis est basé sur la plate-forme F Body de la Dodge Aspen, dont la Diplomat se veut une version plus luxueuse. en plus du châssis, les motorisations sont également identiques à celle-ci et les portes ainsi que la plus grande partie des autres éléments de carrosserie sont interchangeables entre l’une et l’ autre.

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Le premier grand changement notable que connaît le modèle intervient avec l’ année-modèle 1980, lorsque la Diplomat reçoit une nouvelle carrosserie. Celle-ci concerne avant-tout le coupé et la berline, le break, lui, conservant une partie arrière inchangée par rapport au modèle précédent. Sur le plan mécanique, on note également également l’ abandon de la transmission manuelle à quatre vitesses qui était disponible, en option, jusque’ ici, la Diplomat étant désormais proposée uniquement avec une transmission automatique à trois rapports.

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L’année suivante, suite à la disparition de la Dodge St.Regis, la Diplomat devient alors le nouveau vaisseau amiral de la gamme Dodge. Ceci, bien qu’ elle soit – à l’ échelle américaine, évidemment – un modèle de taille moyenne. Conséquence du nouveau contexte économique, plutôt défavorable aux modèles full-size, Dodge ne commercialisera plus de berlines de grande taille jusqu’à l’apparition de la cinquième (et dernière génération) de la Monaco en 1990.

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Au début des années 80, sous l’ impulsion de son nouveau président, Lee Iacocca, les différentes divisions du groupe Chrysler avaient abandonnés les traditionnelles grandes berlines à propulsion pour de nouveaux de taille plus compacte équipés de la traction avant. Cependant, plusieurs modèles, parmi les haut de gamme, comme la Dodge Diplomat, ainsi que les Chrysler LeBaron (celle-ci n’ ayant rien à voir avec le coupé et le cabriolet apparue à la fin des années 80) et Fifth Avenue conservaient une architecture classique avec roues arrière motrices.

 

En 1981, le vice-président de Chrysler, Steve Sharf, avait rencontré des représentants du groupe AMC (American Motors Corporation) dans le but de nouer un partenariat afin de faire construire une usine d’ assemblage à Kenosha, dans le Wisconsin, qui serait spécialisée dans la construction de modèles de catégorie full-size. Suite à cet accord, les chaînes de montage de la Dodge Diplomat (qui était, jusque là, construite à Saint-Louis) sont déplacées là-bas.

 

Au cours des deux années et demie suivante, environ 250 000 exemplaires des différents modèles des marques Chrysler et Dodge y seront construits par AMC pour le compte du groupe au pentastar. Ce contrat de coopération explique d’ ailleurs aussi pourquoi en 1987, lorsque le constructeur français Renault (qui était jusque’ alors propriétaire d’ AMC), recentrant de graves difficultés, se verra contraint de vendre sa filiale américaine, ce sera Chrysler qui se proposera de le racheter.

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1982 voit le coupé ainsi que le break disparaître du catalogue, la Dodge Diplomat n’ étant, à partir de cette date, plus proposée qu’ en berline. C’ est cette même année 1982 que la troisième génération de la Plymouth Gran Fury, celle qui partage la plate-forme de la Dodge Diplomat, fait son apparition. En plus du châssis, elle en reprenait également la carrosserie, les deux modèles se différenciant uniquement par leurs emblèmes. Alors que la Diplomat n’ existe alors plus qu’ en berline, la Gran Fury, elle, est aussi disponible en coupé et en break. C’ est probablement pour éviter que les modèles ne se fasse trop concurrence entre eux qu’ il a été décidé de proposer la Plymouth avec les trois types de carrosseries et la Dodge seulement avec le modèle à quatre portes.

 

Comme cela avait été le cas pour les générations précédentes, la version de base de la Gran Fury était principalement destiné aux flottes de location, ainsi qu’ à la Police et aux compagnies de taxis. L’ autre version du modèle, la Salons, pouvait être équipée d’ options comme le toit recouvert de vinyle, la sellerie en velours, des jantes à rayons de type « turbine », ainsi que des vitres et du verrouillage électriques.

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A la fin des années 80, elle connue une baisse importante de ses ventes, dues, en grande partie, au fait que Chrysler ne faisait guère plus d’ effort pour promouvoir le modèle et aussi à sa vétusté technique (la base étant celle des Plymouth Volare et Dodge Aspen, lancées en 1976). Ce qui conduira les responsables de Chrysler a décidé l’ arrêt de sa production. la Plymouth Gran Fury n’ a pratiquement aucun changement significatif durant ses sept ans de carrière. Il n’ y aura alors plus d’ autre modèle à porter le nom Gran Fury jusque’ à la disparition de la marque Plymouth en 2001.

1983 sera, elle, la dernière année de production du six cylindres 3,7 litres, qui constituait la motorisation de base. La Diplomat n’ étant, dès lors, plus vendue qu’ avec un V8 de 5,2 l équipé d’ un carburateur à deux corps. Les voitures destinées aux forces de Police, quant à elle, étaient équipées, au choix, d’ une version spéciale du V8 5,2 l, qui recevait un carburateur à quatre corps, ou alors d’ un V8 de 5,9 l.

 

En 1984, une nouvelle version haut de gamme fit son apparition, la SE. Celle-ci se distinguait par sa face avant reprise de la Fifth Avenue, avec ses feux de stationnement situés au-dessus des phares, sa calandre plus proéminente avec son motif en « croix grecque », divisant celle-ci en grande parties égales, ainsi qu’ une présentation intérieure spécifique et un équipement plus luxueux.

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Au cours de la seconde moitié des années 80, le public a commencé à délaisser la Diplomat, jugée quelque peu désuète (Elle était âgée de plus de dix ans) au profit de modèles plus récents et également moins gourmands en carburant. Au milieu de l’ année 1988, la Diplomat connaîtra toutefois une nouveauté inattendue sur un modèle de conception si ancienne et en fin de carrière, en recevant un airbag, côté conducteur, en équipement standard, devenant ainsi l’ un des premiers modèles du groupe Chrysler à en être équipé.

 

Deux ans avant que les autres modèles des différentes divisions de Chrysler en soient équipés à leur tour. Lorsque la Dodge Diplomat et la Plymouth Gran Fury disparaissent du catalogue, à la fin du millésime 1989, elle marque la fin de la production des dernières voitures de tourisme de Chrysler à être équipés de la propulsion. Par la suite, les seuls autres modèles du groupe Chrysler à recevoir des roues arrière motrices seront les tout-terrains ainsi que certains modèles de sport comme la Dodge Viper ou la Plymouth Prowler.

 

Philippe Roche

Written by Jack

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