ROLLS-ROYCE PHANTOM I et II – La légende du Fantôme d’Argent. EP3

Histoire

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 21

Déjà à l’époque des Phantom I et II comme aujourd’ hui, une Rolls-Royce, l’élément esthétique qui caractérise, quasiment depuis ses débuts, les modèles de la marque, c’est d’ abord et avant-tout une imposante et fière calandre chromée de style « néo-classique » qui (même pour ceux qui ne s’intéressent guère aux arts anciens) les façades des temples de la Grèce et de la Rome antique, dont la partie supérieur (le « fronton ») porte le rectangle avec le symbole des deux « R » entrelacés. Une légende qui a longtemps courue à ce sujet est que le fond de ce rectangle portant les initiales des deux créateurs de la marque (Charles Rolls et Henry Royce), qui était rouge à l’origine est devenu noir après la mort de Henry Royce, en 1933 (le 22 avril exactement). En réalité, la décision de changer la couleur du logo avait déjà été prise par la direction plusieurs semaines avant le décès de ce dernier, car celle-ci avait jugée que la couleur rouge n’ était pas en harmonie avec la finition (C’est-à-dire les teintes intérieures et/ou extérieures choisie par certains clients) choisie par certains clients.

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 22

Si la calandre des Rolls-Royce a changée de taille au fil des décennies et des différents modèles qu’elle a équipée et si elle a connue plusieurs modifications d’ orde technique (avec des volets à commande manuelle ou thermostatique), ses lignes n’ont pourtant quasiment jamais changées (Son dessin fait d’ ailleurs l’objet d’ un brevet en vigueur dans de nombreux pays). Outre ses lignes, ce qui l’a rendue célèbre à travers les générations (même auprès de ceux qui ne s’intéressent guère à l’automobile), c’est aussi, bien évidemment la célébrissime mascotte qui, depuis 1911, orne son sommet. Baptisée « spirit of Ectasy » (autrement dit : « Esprit de l’Extase », même si son appellation initiale  était « Flying Lady »), cette superbe statuette est due au talent du sculpteur Charles Sykes. Jusqu’en 1928, chacune des statuettes, fondue à la cire perdue et constituée d’ un alliage de cuivre, réalisée dans l’ atelier de l’usine de Derby (spécialement dédié à ce travail) était contrôlée par Sykes lui-même et ensuite par sa fille jusqu’en 1934. Si chaque voiture était, bien évidemment, livrée avec sa statuette (dans un superbe coffret spécialement réalisé à cet effet), il convient cependant de mentionner qu’ elle était livrée à part (c’est-à-dire, dans certains cas, pas toujours en même temps que la voiture, ou, plutôt, que le châssis) et facturée par le constructeur sur une facture différente de celle de la voiture.

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 24

Une nouvelle version de la statuette sera réalisée à partir de 1934, présentant la « Spirit of Ectasy » (ou « Flying Lady ») en position agenouillée (surnommée « kneeling lady »), mais qui, à quelques exceptions près, ne concerne pas les Phantom I et II, puisqu’elle fut créée, à l’origine, pour le modèle « d’entrée de gamme », la Twenty (qui, à la différence des Phantom, était destinées à être conduites par leurs propriétaires et non par un chauffeur).

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 25

Tout comme la Silver Ghost avant elles, les Phantom I et II contribuèrent à asseoir la réputation de Rolls-Royce en tant que constructeur de voitures de très haut de gamme et à en faire l’un des leaders incontestés de ce marché. A l’exemple de leur illustre devancière, ces deux nouveaux « fantômes d’argent » ont, eux aussi, bien mérités le titre de « meilleure voiture du monde » ! Si, à cette époque, le constructeur de Derby (puis de Crewe) n’était pas encore devenu le fournisseur officiel (et exclusif) de la famille royale britannique, c’était toutefois le seul titre qui manquait alors encore à son palmarès. Les Rolls-Royce comptant alors déjà dans les pages de son livre d’or les noms de quasiment tous les grands de ce monde de l’époque, particulier en ce qui concernait les têtes couronnées : des souverains européens au roi de Thaïlande, en passant par les émirs des pays arabes et autres maharadjahs indiens, tous étaient devenus depuis longtemps de fidèles clients de la marque. Sans compter, bien évidemment, les membres de la haute financière internationale, les rois de l’industrie (du pétrole ou autres) ainsi que les acteurs et actrices de la jet-set hollywoodienne.

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 26

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 28

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 30

Et aujourd’hui encore, tous ce que les quatre coins du monde compte de gens riches et influents (connus ou moins connus), lorsqu’il s’agit de passer commande de leur nouvelle voiture, que ce soit pour leurs déplacements professionnels ou privés, pensent souvent, en premier lieu, à Rolls-Royce. Cela fait longtemps que le constructeur britannique a, en effet, dépassé le statut de « simple » constructeur pour devenir une véritable « institution », un « symbole » quasi intemporel et incontournable qui, mieux sans-doute que tout autre constructeur, incarne à la perfection, aux yeux des connaisseurs comme aux yeux du profane, le prestige automobile. A tel point que le nom est, depuis longtemps là aussi, quasiment entré dans le langage courant et que le nom Rolls-Royce (ou Rolls en abrégé) n’ est aujourd’hui plus simplement utilisé pour parler d’automobile mais sert aussi, plus « généralement » à désigner toute chose d’un luxe souvent extravagant… et aussi, souvent, hors de prix ! En tout état de cause, quelles soient admirées (voire parfois même défiées) par les uns ou dénigrées par certains autres, il est néanmoins clair et unanime qu’une Rolls-Royce, quelque soit le modèle ou son époque, ne laisse sans doute personne indifférent !

ROLLS-ROYCE PHANTOM - 26

 

 

Texte Philippe Delaroche

 

 

 

 

 

 

Written by Jack

Laisser un commentaire