LINCOLN CONTINENTAL MARK SERIES

Histoire

 

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Si, esthétiquement, la Lincoln Continental Mark V ne se différenciait guère de sa devancière, présentant même, de prime abord, des lignes identiques à celles de sa devancière, le « nouveau » coupé de la division de prestige du groupe Ford subit, comme toutes ses consoeurs, les effets de la crise pétrolière et de la récession économique qu’ elle engendra. Celle-ci poussa la direction de Ford, comme au sein de General Motors et de Chrysler, à un programme de réduction des coûts. Celui-ci eut pour effet, dans le cas du nouveau coupé Continental, de devoir réemployer le châssis de la Mark IV (qui servit également pour la précédente génération de la Ford Thunderbird, produite entre 1972 et 76). Bien que reprenant les canons esthétiques en vigueur sur les Lincoln depuis le début des années 70, les lignes de la Mark V reprenaient, en réalité, une étude de style qui avait déjà été conçue par les designers de la marque pour la Mark IV, mais qui n’ avait finalement pas été retenue à l’ époque. Parmi les caractéristiques reprises de celle-ci, les phares escamotables, les fenêtres ovales « style opéra » aménagées dans le pavillon de toit, la calandre (dont le style n’ était pas sans évoquer celle des Rolls-Royce) ainsi que le bossage du coffre évoquant l’ emplacement d’ une roue de secours.

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Parmi les traits esthétiques permettant de différencier la Mark V de sa devancière, figuraient les persiennes aménagées dans les ailes avant et destinées à assurer un meilleur refroidissement du moteur. Dans un signe des changements à venir dans l’ industrie automobile, les responsables de la marque ont pris, pour la mark V comme pour leurs autres modèles, des mesures visant à améliorer l’ économie de carburant des voitures de luxe. Bien que physiquement plus grande que la génération précédente, la Mark V était pourtant plus légère que sa devancière. Pour améliorer encore l’ économie de carburant, le V8 de 7,5 litres (208 ch), qui était la seule motorisation proposée sur la Mark IV, fut remplacée, comme moteur standard, par un V8 de 6,6 l (166 ch), qui équipait également la Ford Thunderbirds ainsi que les modèles full-sise de Ford et Mercury. Le 7,5 l restant toutefois disponible en option, saut dans l’ Etat de Californie, où ce dernier n’ était pas disponible, à cause de la législation locale très stricte en matière d’ émission de pollution. Comme ses devancières, les Mark III et IV, la Mark V était équipée, avec ses deux motorisations, d’ une boîte automatique à 3 rapports; Ce sera le dernier coupé Continental à utiliser ce type de transmission. Bien qu’ elle soit, théoriquement, une option, la plupart des Continental Mark V furent équipées d’ un pavillon de toit recouvert de vinyle. Celui-ci pouvait être supprimé et remplacé par un toit ordinaire assorti à la couleur de la carrosserie. La grande majorité des acheteurs choisirent cependant de conserver le toit recouvert de vinyle.

 

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De série, toutes les Mark V étaient équipées de freins à disque sur les quatre roues (Un système antiblocage de freins, repris de la Mark IV, était proposé en option). Parmi les équipements optionnels figurait, à partir de 1978, une jauge numérique, placée à droite du volant, à la place de la jauge ordinaire. Celle-ci pouvant indiquer, outre la quantité de carburant restant de le réservoir, la distance que la voiture pouvait parcourir avant que celui-ci ne soit à sec. Ce système a été un précurseur de l’ ensemble de l’ instrumentation électronique numérique qui sera disponible, à partir de 1980, sur la Continental Mark VI. Ce système représentant d’ ailleurs également une première pour un constructeur américain. Etant donné la carrière très courte que connue la Continental mark V, les changements qu’ elle connue furent peu nombreux. En 1978, elle reçue un radiateur de plus grande taille et le V8 6,6 l fut modifié pour obtenir, à nouveau, de meilleurs économies de carburant; L’ acquéreur pouvait aussi opter pour un toit démontable au-dessus des sièges, qui permettait ainsi de bénéficier, par beau temps, d’ une voiture « semi-décapotable ». Pour sa dernière année de production, tous les exemplaires de la Mark V construits en 1979 furent équipés d’ un toit un vinyle, celui-ci ne pouvant plus être retiré à la demande du client comme c’ était le cas auparavant. Le V8 7,5 litres fut abandonné (pour la mark V comme pour le reste des Lincoln) et la double sortie d’ échappement sur le V8 6,6 l supprimée. Au cours de sa production, la Continental Mark V fut toutefois offerte avec quatre séries spéciales, conçues les créateurs de mode bill Blass, Cartier, Givenchy et Pucci, tout comme pour sa devancière, la Mark IV.

 

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Chacune d’ elles offrait des teintes de carrosserie, ainsi qu’ un traitement du toit en vinyle et des garnitures intérieures spécifiques. Celles-ci variant toutefois suivant les années. En plus des quatre premières citées, Lincoln proposa également deux autres séries spéciales. La première, baptisée Diamond Jubilee Edition, fut présentée en 1978 à l’ occasion du 75ème anniversaire de la marque Ford. Pour commémorer cet évènement, Ford lança d’ ailleurs deux séries spéciales. L’ une sur la Continental, l’ autre sur la Ford Thunderbird. La Diamond Jubilee était disponibles en deux couleurs de carrosserie: Blue Diamond et Gold. La teinte choisie pour l’ extérieur se retrouvant également à l’ intérieur de la voiture. Les moulures latérales, quant à elle, bénéficiaient d’ insertions spéciales en vinyle. La calandre, les orifices latérales de ventilation, les pare-chocs, les baguettes de protection et les jantes étaient en aluminium argenté. Le toit, de son côté, était équipé d’ une couverture en vinyle plus rembourrée assorti à la teinte de la carrosserie. L’ habitacle, lui, était équipé de sièges baquets à l’ avant avec une console centrale rembourrée, avec des espaces de rangement supplémentaires et recevait également un parapluie intégré dans la partie inférieur de l’ accoudoir cartonné. Les sièges, tout comme la banquette arrière, étaient aussi recouverts de tissu de luxe avec un style de couture unique. En plus de cela, l’ habitacle bénéficiait également de cuir matelassé sur les zones à forte usure ainsi que des inserts en ébène sur le tableau de bord, l’ intérieure des portières le dos ds sièges avant et la console centrale. Même les clés fournies avec la voiture bénéficient d’ inserts en ébène. Les fenêtres de custode aménagées dans le pavillon, elles, relevait une découpe spécifique, ainsi que l’ inscription Diamond Jubilee Edition et un diamant factice incrustés dans la vitre. Quant à l’ ornement de capot, il recevait des inserts en cristal. Après la livraison, le client pouvait aussi, sur demande, recevoir ses initiales gravées sur les portes. Pour le reste, la Diamond Jubilee recevait les mêmes équipements que la Continental Mark V, y compris la jauge numérique. Les rares options proposées étaient le V8 7,5 litres, l’ échappement double, le toit ouvrant électrique et la radio CB à 40 canaux. Cette série spéciale fut présentée par la marque comme la voiture américaine la plus chère proposée sur le marché en 1978. Seuls 5 159 exemplaires en ont été produits. L’autre série spéciale était la Série Collector, présentée en 1979. Celle-ci possédait essentiellement les mêmes équipements que la Diamond Jubilee. Elle fut, à l’ origine, proposée en deux couleurs, Midnight Blue Moondust et blanc. Deux autres couleurs supplémentaires, Light Silver Moondust et Blue Diamond Moondust furent rajoutées au catalogue en cours d’ année. Les sièges baquets et la console centrale étaient, de série, en tissu de couleur Midnight blue, mais pouvaient également recevoir des garnitures en cuir bleu ou blanc. Les voitures équipées du cuir étaient d’ ailleurs vendues moins cher, car elles n’ étaient pas équipées de la console ni de l’ accoudoir central arrière rabattable. La carrosserie, quant à elle, relevait des rayures spécifiques sur les flancs et le capot, ainsi que l’ inscription Série Collector sur les montants arrière du pavillon de toit. La calandre recevait, elle aussi, un traitement spécial avec des barres de couleur or. Contrairement aux autres Mark V, les exemplaires de cette série n’ étaient toutefois pas équipées des fenêtres de custode ovales. Cet ensemble d’ équipements spéciaux fut également proposé sur la berline Continental. L’ acteur Tom Selles fut utilisée par faire la promotion de cette série spéciale dans la presse et à la télévision. Tout comme pour la Diamond Jubilee, cette série figuraient parmi les modèles les plus chers du catalogue Lincoln, son prix avoisinant, comme pour la première, les 22 000 dollars (de l’ époque), soit trois fois le prix d’ une berline Ford ordinaire.

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L’ année-modèle 1980 verra l’ apparition d’ une sixième génération des coupés Continental. Si, de prime abord, celle-ci apparaît étroitement dérivée de sa devancière (ce qui est en partie le cas) et même identique, ou presque, sur le plan esthétique, sa fiche technique reflète toutefois le changement des moeurs et des mentalités qui s’ est opéré au sein de la clientèle et, par là même, chez les constructeurs. Si son style « baroque » semble plaire toujours à la grande majorité des clients (assez traditionalistes) de la marque, l’ ère des big blocks qui équipaient auparavant ses devancières est bel et bien révolu. Sous le capot du coupé Continental « sixième du nom », on ne retrouve plus, désormais, que des V8 « small blocks » 4,9 l ou 5,8 litres (toujours accouplés à une transmission automatique, comme il se doit sur une américaine de prestige). Les dimensions de cette nouvelle mouture reflètent elles aussi cette cure d’ amaigrissement (« downsizing » dans le jargon des constructeurs américains) que Lincoln, à l’ instar de tous ses concurrents, a dû opérer : 5,49 m en longueur (contre 5,85 mètres pour sa devancière) et un poids (à vide) qui passe désormais sous la barre des deux tonnes (1 914 kg contre 2 250 pour sa devancière). Symbole quelque peu suranné et figurant parmi les derniers témoins d’ une époque à présent, en grande partie, révolue, elle cèdera finalement la place à une septième génération plus « européanisée » et qui, en tout cas, montrera bien qu’ une page (certes importante dans l’ histoire de Lincoln mais désormais terminée) était maintenant tournée et qu’ une nouvelle ère venait de commencer.

 

Texte Hubert Florentini

 

Written by Jack

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