PANHARD DYNAMIC. Ep1

Histoire

PANHARD DYNAMIC 1

A partir du Salon 1930, Panhard élimine complètement les modèles à moteur quatre cylindres de son programme de production. Dans ses usines parisiennes de l’ avenue d’ Ivry et dans ses ateliers de carrosserie d’ Orléans, le plus ancien constructeur français encore en activité ne produit plus désormais que des voitures de prestige équipées de moteurs sans soupapes à six ou huit cylindres. Panhard porte principalement ses efforts sur les séries « S » (6 CS, 6 DS, 8 DS et dérivés), la lettre S signifiant littéralement qu’ il s’ agit de voitures surbaissées mais aussi « souples, stables, séduisantes, sensationnelles, supérieures, spacieuses, silencieuses, sans soupapes… » pour reprendre les termes abondamment utilisés par la marque dans ses publicités. Le ton est donné : Panhard devient alors exclusivement un con,structeur de voitures de luxe et le restera jusqu’ au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale.

PANHARD DYNAMIC 2

Au milieu des années trente, les Panhard « Panoramique » commencent à vieillir sérieusement : leur silhouette reste imposante et même racée mais elle date néanmoins de plusieurs années et elle supporte de plus en plus mal la comparaison avec les lignes à la mode « aérodynamique » des concurrentes. Il est temps pour la firme de la Porte d’ Ivry de prouver qu’ elle reste encore capable de figurer parmi les constructeurs les plus créatifs de l’ industrie automobile française. La direction de Panhard donne carte blanche à son responsable du style Louis Bionier pour tracer une nouvelle carrosserie totalement originale. De son côté, la direction technique fait étudier une mécanique résolument moderne comportant une coque soudée électriquement, une direction avec volant central, un freinage hydraulique et une suspension qui renonce aux essieux rigides des modèles précédents.

PANHARD DYNAMIC 3

Annoncée en mai 1936, la naissance de la Dynamic tombe à un bien mauvais moment. L’ effervescence sociale s’ accroît chaque jour et elle ne tarde pas à déboucher sur les grandes grèves qui paralysent l’ industrie française et celle de l’ automobile en particulier. Tous les constructeurs sont plus ou moins touchés et Panhard, avec son image de luxe, n’ est pas le moins épargné. Après avoir révélé l’ existence de sa nouvelle voiture par une simple photographie prise à la sauvette ainsi qu’ une illustration réalisée Alexis Kow pour la couverture du magazine Omnia de juin 1936, la direction des usines Panhard attend prudemment la fin des désordres sociaux avant de lancer la production de sa Dynamic. En fait, la commercialisation effective de ce modèle n’ aura lieu qu’ à partir du Salon d’ octobre 1936, avec, dans l’ intervalle, une augmentation de prix dépassant les 20 % : annoncé 37 850 F dans la publicité publiée le 1er juin, le modèle de base Junior passe en effet à 44 850 F sur le tarif du 1er octobre. Avec ses nombreuses Dynamic soigneusement alignées, le stand Panhard constitue l’ un des pôles d’ attraction du Salon de Paris 1936. Le public semble médusé devant ces énormes voitures aux formes si révolutionnaires. A coup sûr, la doyenne des marques françaises n’ a pas raté son effet de surprise. Et sa direction centrale constitue un exceptionnel sujet de curiosité, très positif pour la publicité.

Dans son style massif tout en rondeurs, que l’ on peut aimer ou détester, Louis Bionier a parfaitement maîtrisé son art. Outre son bon équilibre général, la carrosserie de la Dynamic se singularise par des formes vraiment hors normes, notamment grâce à ses ailes élégamment dessinées recrouvant de la même manière les roues avant et arrière. La partie la moins réussie de cette voiture se situe au niveau de son coffre à bagages dont le couvercle, petit et échancré, ne facilite pas le chargement des valises. En outre, la faible capacité de cette malle ne correspond pas à la généreuse habitabilité de la Dynamic, prévue pour accueillir à l’ aise six passagers.

PANHARD DYNAMIC 3

Dès le lancement, Panhard ne craint pas les complications de fabrication en prévoyant une gamme de cinq carrosseries réparties sur trois empattements différents : 260, 280 et 300 cm. En fait, l’ empattement le plus court ne concerne qu’ un seul modèle (le coupé Junior) et l’ empattement le plus long est réservé uniquement à la berline, du moins au début, car on le retrouvera sur la Parisienne apparue en février 1937 et sur la limousine construite à partir d’ octobre 1937. L’ empattement intermédiaire s’ applique aux coupé et coach major ainsi qu’ au cabriolet. Le premier de ces trois modèles est toutefois supprimé du catalogue dès le mois de février 1937 et le cabriolet, de son côté, change d’ aspect en octobre 1937, lorsque le coupé Junior disparaît à son tour de la gamme du constructeur.

Sur le plan technique, la carrosserie de la Dynamic ne manque pas d’ intérêt car elle adopte une caisse monocoque à châssis intégré, soudée électriquement, sur laquelle viennent se fixer des attaches élastiques constituées de sphères en caoutchouc. Le principe de la caisse monocoque soudée n’ est, cependant, pas une nouveauté en soi puisque Citroën l’ utilise déjà en grande série depuis 1934 pour sa Traction Avant, mais c’ est la première fois qu’ il est retenu pour un modèle de luxe.

PANHARD DYNAMIC 4

Comme dans les précédentes Panhard « Panoramique », la présentation intérieure de la Dynamic a fait l’ objet d’ un soin tout particulier. Habituée aux équipements astucieux de la marque, la clientèle de panhard n’ est pas déçue avec la Dynamic, qui comporte, par exemple, de nouvelles serrures à percuteur évitant de « claquer » les portières. Les garnitures de sièges, de portes et de pavillon utilisent des tissus de haute qualité contribuant au bon confort général de cette voiture. A bord des Dynamic des millésimes 1937 et 1938, la direction centrale constitue évidemment l’ élément le plus insolite. Cette solution, destinée, en principe, à concilier les partisans du volant à gauche et ceux du volant à droite, ne plaît toutefois, en définitive, ni aux uns ni aux autres. C’ est la raison pour laquelle, à partir du Salon de 1938, les Dynamic reçoivent une direction plus classique avec le volant à gauche, pour la première fois depuis longtemps chez Panhard, dont la plupart des modèles produits dans les années vingt ainsi que tous ceux produits dans les années trente étaient équipés d’ une direction à droite.

Pourvu de banquettes extrêmement larges (155 cm), l’ habitacle semble très spacieux et offre l’ avantage de ne pas être encombré par un tunnel de transmission. Les trois balais d’ essuie-glace des modèles 1937 et 1938 sont remplacés, sur les dernières Dynamic de l’ année-modèle 1939, par un dispositif plus classique à deux balais. La berline, la Parisienne et la limousine sont, elles, livrables sur demande avec une séparation intérieure à vitre coulissante.

PANHARD DYNAMIC 5

Pour sa nouvelle Dynamic, Panhard conserve évidemment le moteur sans soupapes licence Knight auquel tous les précédents modèles de la firme doivent leur bonne réputation de silence et de souplesse. Certes, ces avantages du dispositif ans soupapes sont rognés peu à peu par les moteurs modernes à soupapes « classiques », dont le fonctionnement de plus en plus discret et agréable s’ obtient sans la complication des chemises coulissantes du système Knight ni l’ entretien délicat que celui-ci implique, sans parler de sa grande consommation en huile. Quoi qu’ il en soit, le robuste six cylindres sans soupapes de la Dynamic reste parfaitement valbles en 1936 et il garde encore la faveur des clients de la marque.

Au Salon 1936, la Dynamic est proposée en deux puissances : le Type 130 avec un moteur de 2,5 litres de 14 CV fiscaux et le Type 140 avec moteur de 2,9 litres de 16 CV. Dès le Salon de 1937, une version plus puissante complète la gamme : le Type 160, équipé d’ un moteur de 3,8 litres de 22 CV. Au cours de l’ année-modèle 1938, le Type 130, d’ une puissance trop insuffisante, disparaît du catalogue.

A suivre

Written by Jack

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