CHRYSLER et DE SOTO AIRFLOW – Un train trop en avance. EP1

Histoire

AIRFLOW 1

Aux yeux du grand public comme pour beaucoup de spécialistes de l’ histoire de l’ automobile, faire une comparaison entre Chrysler et Citroën serait, quasiment, aussi ardu que de vouloir construire, à travers l’ Océan Atlantique, un pont géant qui relierait l’ Amérique à la France ! Pourtant, en observant en détails l’ histoire de ces deux constructeurs, ceux-ci présentent plusieurs importants en commun. Tous deux ont été créées par des capitaines d’ industrie à l’ esprit visionnaire et leur entreprise, tout comme les créations de celle-ci, ont bien refléter leur esprit avant-gardiste. Figurant parmi les hommes qui représente l’ exemple même du self-made-man à l’ américaine, Walter Percy Chrysler a débuté sa carrière professionnelle comme apprenti dans les chemins de fer, avant de gravir rapidement tous les échelons de l’ échelle sociale et, finalement, de fonder, en 1924, la marque qui porte son nom, puis, trois ans plus tard, la Chrysler Corpration. Un groupe qui figurera, dès 1930, à peine trois ans après sa fondation, au septième rang des constructeurs américains. De son côté, André Citroën, lui, a d’ abord fait fortune grâce à l’ industrie de l’ armement, en produisant par milliers des obus à la chaîne pour l’ Armée française durant la Première guerre mondiale. Ayant eu l’ occasion de visiter les usines de Henry Ford aux Etats-Unis, il avait alors réalisé le progrès que constituait la production des voitures à la chaîne, tout en mesurant le décalage et les retards que présentait, sur ce plan, l’ industrie automobile française, encore ancrée dans des méthodes de travail trop artisanales. Une fois la guerre terminée, pressentant les bouleversements, économiques et industriels, que va bientôt connaître la France, comme la demande très forte pour des automobiles produites en grande série, il décide alors d’ appliquer en France les préceptes instaurées par Ford en Amérique. Une recette gagnante qui lui permettra, avant la fin des années 1920, de devenir l’ un des principaux constructeurs automobiles français, obligeant rapidement ses principaux concurrents, comme Renault, à se convertir eux aussi à la production de voitures en série. Premier constructeur français à produire des automobiles dotées de carrosseries et d’ une structure entièrement métallique (Abandonnant ainsi les structures en bois auxquelles avaient encore recours la plupart des constructeurs) ainsi que que la première vraie voiture française populaire équipée de la traction avant (Il y eu, certes, avant elle, la Rosengart Supertraction, mais celle-ci n’ était, en réalité, rien d’ autre qu’ une version française de l’ Adler Trumpf allemande, construite sous licence). En 1934, l’ année même où Citroën dévoile au public sa révolutionnaire Traction avant (Sous la forme de trois modèles, la 7 et 11 CV à moteur quatre cylindres ainsi que l’ imposante 22 CV à moteur huit cylindres), Walter Chrysler présente lui aussi un nouveau modèle qui va révolutionner l’ industrie automobile américaine, l’ Airflow. Un autre point commun entre Chrysler et Citroën est que ni l’ une ni l’ autre ne feront la fortune de leurs concepteurs.

AIRFLOW 2

La Traction Citroën connaîtra, certes, une carrière qui s’ étalera sur plus de vingt ans (vingt-trois ans pour être exact, entre 1934 et 1957) et sera produite à plus de 780 000 exemplaires, mais c’ est Michelin, le repreneur de Citroën, qui en récoltera les fruits. Ayant vu grand (Trop grand peut être) pour la construction et le lancement de sa nouvelle Traction avant, André Citroën n’ a pas hésiter, pour cela, à faire démolir puis reconstruire son usine de Javel, afin de disposer de l’ outil de production le plus moderne possible pour ce nouveau modèle qui (Il n’ en doutait pas un seul instant) serait un succès. Le public mettra toutefois un certain temps à accepter cette voiture à la technique alors fort avant-gardiste, d’ autant que les premières séries, souffrant d’ une mise au point insuffisante, connaîtront rapidement des problèmes de fiabilité. Handicapé par de graves problèmes financiers (L’ édification de sa nouvelle usine et le lancement de sa nouvelle Traction l’ ayant quasiment mis sur la paille), André Citroën avait joué, avec elle, sa dernière carte et, malheureusement pour lui, ce ne fut pas vraiment un joker.

AIRFLOW 3

Ou, en tout cas, le succès ne viendra pas assez rapidement pour lui permettre d’ éviter la faillite. En décembre 1934, la mise en liquidation judiciaire de son entreprise est prononcée. Le fabricant de pneus Michelin, qui est le principal créancier de Citroën, reprend alors les rênes de l’ entreprise. André Citroën, lui, ne vivra, malheureusement, pas assez longtemps pour voir sa dernière création connaître le succès qu’ il avait tant espéré et qu’ elle méritait. Rongé par un cancer, il meurt en juillet 1935, un an à peine après le lancement de la Traction, à l’ âge de seulement 57 ans.

A suivre

Written by Jack

Laisser un commentaire