CHEVROLET CAPRICE et IMPALA – Flic Story.

Histoire

 

CAPRICE et IMPALA 20

Si la carrosserie ne subit aucun changement pour le millésime 1985, l’ habitacle, lui, connut son remaniement le plus important depuis le lancement du modèle, il y a huit ans. la principale différence consistant dans le remplacement du placage en faux-bois du tableau de bord par des éléments en métal poli. Côté moteurs, un V6 de 4,3 litres de 130 ch remplace celui de 3,8 l, tandis que le V8 5 l, lui, passe à 165 ch. Le V8 diesel, quant à lui, disparaît du catalogue en janvier 1986. L’ année-modèle 1986 voit la carrosserie de la Caprice connaître son lifting le plus important depuis 1980, avec un carénage avant redessiné et plus aérodynamique, avec une nouvelle grille de calandre, ainsi que les feux arrière. A cette date, l’ Impala, qui constituait la finition de base de la Caprice, est supprimée. A l’ exception du V6 dont la puissance grimpe à 140 ch, les autres moteurs restent inchangés. 1987 ne verra la Caprice connaître que des changements mineurs. La seule motorisation disponible sur les breaks est maintenant le V8 5,7 litres. Les ventes du coupé ayant fortement baissées, celui-ci est supprimé de la gamme est supprimée au début du millésime 1988, tandis que le break n’ est plus disponible qu’ en version huit places. Alors que sa principale concurrente, la Ford Crown Victoria, avait adoptée l’ alimentation par injection dès 1983, la Chevrolet Caprice, elle, ne se décidera à abandonner ses carburateurs que six ans plus-tard. (Ce sont les pick-up et fourgons de chez Chevrolet et GMC qui ont été les premiers véhicules produits par General Motors a recevoir l’ injection en 1987). C’ est le V8 5 litres qui, sur la Caprice, reçoit le nouveau système d’ alimentation. Plus que la puissance, qui ne grimpe qu’ à 170 ch, cela permettra surtout d’ obtenir un moteur plus sobre et moins polluant. Le V6 4,3 l, lui, n’ est plus monté que sur les exemplaires destinés à la Police et aux compagnies de taxis.

CAPRICE et IMPALA 22

La Caprice ne connaîtra aucun changement notable pour l’ année-modèle 1990, la dernière année de production pour cette génération du modèle, qui aura été celle à avoir connue la carrière la plus longue avec une production qui aura durée pas moins de treize ans.

CAPRICE et IMPALA 23

Après pas moins de treize ans de bons et loyaux services, il était temps pour Chevrolet de mettre la Caprice (née en 1977) à la retraite et d’ offrir à celle qui était l’ un de ses modèles les plus emblématiques une nouvelle monture. Après avoir usé, pendant plus de vingt ans, pour tracer la ligne de leurs berlines full-size, de la latte et de l’ équerre, les constructeurs américains durent remettre leurs dessinateurs au travail pour que ces derniers créent un nouvelle ligne qui soit désormais à la page. La mode était, en effet, désormais aux lignes courbes (Un courant qui avait déjà été amorcé au milieu des années 80 par des modèles de taille plus compact comme la Ford Taurus).

CAPRICE et IMPALA 24

La nouvelle Caprice représenta une révolution sur le plan du style lorsque’ elle fut dévoilée au mois d’ avril 1990, marquant une rupture radicale avec la génération précédente et bouleversant complètement l’ idée que le public, en Amérique comme à l’ étranger, se faisait d’ une voiture américaine. Une rupture et la naissance d’ un nouveau courant stylistique incarné aussi par d’ autres de ses autres cousines produites par General comme l’ Oldsmobile Nighty-Eight ainsi que par ses concurrentes chez Ford (Ford Crown Victoria, Lincoln Continental et Mercury Grand Marquis) ou Chrysler (Chrysler concorde et LHS, Eagle Vision et Dodge Intrepid) apparues à la même époque. En ce qui concerne la Caprice, si tous les éléments de la carrosserie ainsi que de l’ intérieur de l’ habitacle étaient entièrement nouveaux, en revanche, le châssis était étroitement de celui l’ ancienne génération. Quand au moteur V8 4,3 l de 200 ch, il avait également équipé les derniers exemplaires de la précédente monture construits fin 1989 et début 1990. Plusieurs des composants principales de la voiture, comme le plancher, sont d’ ailleurs entièrement identiques avec ceux de sa devancière.

CAPRICE et IMPALA 25

Cette nouvelle Caprice sera, en tout cas, fort bien accueillie par le magazine Motor Trend, qui lui décernera le titre de Voiture de l’ année en 1991. General Motors était convaincu que la nouvelle Chevrolet Caprice serait elle aussi, tout comme sa devancière, un best-seller et la nouvelle voiture préférée des Américains. L’ accueil que réserva une grande partie du public comme de la presse automobile lui réserva fut cependant plutôt mitigé. Ce qui se fit ressentir sur les chiffres de ventes. Beaucoup jugeant que son design, notamment celui de la partie arrière, avec ses roues en partie carénées, la faisant ressembler à une baignoire renversée, voir même à une baleine échouée. C’ est la raison pour laquelle, en 1993, Chevrolet fit redessinée les ailes arrières de la Caprice, qui reçue alors des passages de roues plus classiques. (Ce léger lifting s’ appliquait uniquement pour la berline, le break conservant, lui, les ailes du modèle d’ origine). En 1994, la Caprice reçue, tout comme ses cousines de la GM (Buick Roadmaster, Cadillac Fleetwood Brougham,…), une nouvelle génération de moteurs. Avec, en haut de gamme, le V8 5,7 litres LT1 dérivé de celui de la Corvette (dans une version assagie) et délivrant 260 ch. La motorisation qui équipaient les Caprice en version de base – notamment celles utilisées par les forces de Police – restant le V8 4,3 l de ses débuts. Le V8 LT1 était toutefois aussi proposé en option sur les véhicules destinés à la Police et ce fut d’ ailleurs ce moteur-là qui fut le plus apprécié par ces derniers. Le tableau de bord recevra lui aussi plusieurs modifications, dont un volant emprunté à la Camaro, un compteur de vitesse numérique et une nouvelle console. L’ année 1995 ne verra, elle, que des changements mineurs, la plus visible étant une nouvelle vitre de custode, plus réduite, en forme de goutte d’ eau (de forme triangulaire auparavant). Ce sera aussi la dernière année de production pour le break.

CAPRICE et IMPALA 17

Malgré sa très grande popularité auprès des policiers et autres représentants des forces de l’ ordre comme les shérifs ainsi que les chauffeurs de taxis, les ventes de la Caprice n’ ont jamais réussies à égaler celle de sa plus grande rivale, la Ford Crown Victoria. Ajoutez à cela la montée en puissance des berlines intermédiaires comme la Chevrolet Lumina ainsi que celle des SUV comme la Tahoe et le Suburban, ou encore celles des vans, et il est assez facile de comprendre pourquoi la direction de General Motors décidera, fin 1996, d’ arrêter la production de la Caprice, ainsi que de ses autres grosses berlines traditionnelles. Ce seront d’ ailleurs les modèles 4×4 susnommés qui remplaceront les Caprice et ses consoeurs sur les chaînes de production de l’ usine d’ Arlington, au Texas, où elles était assemblées côte-à-côte. Au total, un peu plus de 689 000 Caprice (berline et break confondus auront été produites). (La production cessera aux Etats-Unis en décembre 96, mais elle se poursuivra encore pendant près d’ un an au Mexique). A compter de cette date, Ford sera le seul à poursuivre dans la voie de la berline américaine à l’ ancienne avec la Ford Crown Victoria, la Lincoln Town Car et la Mercury Grand Marquis – avec un certain succès – pendant encore une quinzaine d’ année.

 

Cette disparition prématurée laissera beaucoup de membres de la Police et de taximen, aux quatre coins des Etats-Unis, profondément dépités. Leur obstination à continuer à remplir leur tâche au volant de leurs Caprice incitera d’ ailleurs de nombreux garages ainsi que d’ entreprises de pièces de rechange automobiles à se spécialiser dans l’ entretien et la fourniture de composants pour ce modèle, bien après que General Motors en ait arrêté la production. Ce qui explique aussi pourquoi on en verra encore longtemps dans les films et les séries policières américaines, alors qu’ elle avait déjà quittée la scène commerciale depuis de nombreuses années.

 

Tout comme la Caprice, l’ Impala était un patronyme célèbre chez Chevrolet, puisque le modèle avait déjà connu six générations entre 1958 et 1985. Toutefois, alors que la dernière monture était une version populaire de la Caprice, lorsque l’ Impala fit sa réapparition au Salon de l’ auto de Detroit en 1992, ce fut sous la forme d’ une version musclée de la nouvelle génération de la Caprice, équipée d’ un monumental V8 affichant pas moins de 8,2 litres de cylindrée. Lorsque l’ Impala SS (son nom officiel) fut commercialisée, sous une forme quasiment identique à celle du concept-car, en février 1994, ce fut toutefois avec le même moteur V8 LT1 5,7 litres de 260 ch qui équipait la version haut de gamme de la Caprice. L’ Impala était toutefois construite sur base de la version spéciale destinée, à l’ origine, exclusivement aux forces de Police et elle recevait donc la plupart des équipements spécifiques à celle-ci, notamment une suspension avec des amortisseurs renforcés, un système de refroidissement du moteur amélioré (emprunté, ici aussi, à la Corvette) ainsi que des freins à disques sur les quatre roues de plus grandes dimensions. Bien que l’ Impala SS n’ était disponible qu’ avec une transmission automatique, beaucoup de propriétaires l’ ont, par la suite, fait remplacée par une boîte de vitesses manuelle à six rapports empruntée à la Corvette. Bien que ce type de transmission ne soit pourtant guère prisée par la grande majorité des automobilistes Américains, les propriétaires de l’ Impala la jugeait plus adaptée à l’ usage – sportif – qu’ ils souhaitaient faire de leurs voitures. L’ Impala se distinguait de la Caprice par une calandre spécifique peinte de la couleur de la carrosserie et dépourvue de mascotte sur le capot, ainsi que des roues de 17 pouces équipées de jantes en aluminium dont le style contribuait à renforcer le caractère sportif de la voiture. Toutefois, en raison de la pénurie des jantes spécifiques qui équipaient l’ Impala, qui étaient fabriquées par ROH en Australie, la production due être limitée et seules 6 300 exemplaires sont sorties des chaînes lors de la première année de production. Un handicap qui fut cependant corrigé dès l’ année suivante, ce qui permit à l’ Impala d’ atteindre les 21 500 exemplaires vendus en 1995. A son lancement, l’ impala SS n’ était proposée qu’ avec une seule combinaison de teintes intérieur et extérieur: Carrosserie noire avec des sièges et une sellerie de couleur grise. L’ année suivante, le nuancier des teintes extérieures s’ enrichie des couleurs Dark Cherry et gris-vert foncé. la vitre de custode fut également redessinée sur le modèle de celle de la Caprice.

 

Bien que 1996 fut la meilleure année de vente de l’ impala, avec près de 42 000 exemplaires produits, la décision de la direction de General Motors d’ arrêter la production de la Chevrolet Caprice s’ appliqua aussi à sa cousine sportive. Les exemplaires du dernier millésime ne se caractérisait des précédents que par quelques modifications mineures, comme l’ affichage du tableau de bord qui redevint presque entièrement analogique et le nouvel emplacement du levier de vitesses. De tous les modèles construits sur la plate-forme B-Body (qui regroupait tous les modèles full-size produits par la GM au début des années 90, ce fut la famille des Caprice et Impala qui fut la plus vendue. Si le nom Caprice disparut alors de la production de la marque Chevrolet, celui de l’ Impala, lui, fera sa réapparition trois ans plus-tard, mais sur un modèle qui n’ aura plus grand-chose à voir avec celle qui l’ avait précédée.

 

 

Texte Serge Buren

 

Written by Jack

Laisser un commentaire