Les grands de l’automobile : Henri Pescarolo

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Henri Pescarolo

 

Il est des légendes qui se font discrètes bien qu’elles soient absolument incontournables. Par son talent, son palmarès, et son esprit, Henri Pescarolo est de cette trempe de pilotes hors du commun

 

Jeunesse

Né en 1942, Henri Pescarolo ne se destine pas d’abord au monde automobile, même si l’automobile l’intéresse quand même. Il sait conduire la 203 de son père à 15 ans. Mais au départ, il se destine à des études de médecine, bien que cela ne l’attire pas plus trop.

Son père comprend alors l’attirance de son fils pour le monde automobile, et décide de participer avec lui au rally de La Baule en 1962. C’est le déclic pour le jeune Henri qui ne va plus quitter les circuits alors. C’est l’AGACI (Association Générale Automobile des Coureurs Indépendants) qui révélera le talent d’Henri Pescarolo, où il est le meilleur pilote de sa promotion.

 

Des débuts en fanfare

Recruté en 1965 par Matra, il est alors le 3e pilote derrière Beltoise et Jaussaud en Formule 3. Très vite, il passe titulaire, et participe dès 1966 à son premier 24h du Mans, tandis qu’il finit le championnat de Formule 3 de 1966 à la 2e place. En 1967, il signe un record de 11 victoires en Formule 3, remporte le championnat et grimpe au niveau supérieur.

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En 1968, il finit vice-champion de France et d’Europe de Formule 2, participe pour la 3e fois aux 24h du Mans, et s’essaie même à la F1. Mais l’année 1969 est plus difficile avec un accident grave lors de la préparation des 24h du Mans. Il reviendra dès l’été où sa Formule 2 rivalise même avec les F1. Et il remporte les 1000km de Paris avec Beltoise.

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La confirmation d’un talent

Titulaire en F1 en 1970, il termine champion de France de F1 et F2, en obtenant une 3e place à Monaco. En 1971, il s’engage dans la nouvelle écurie de Franck Williams, mais la voiture March 711 est fragile et empêche de bons resultats. Reste quelques exploits comme la 4e place en Grande-Bretagne, ou encore le record du tour en Italie. Mais son passage en F1 jusqu’en 1976 reste mitigé, avec des voitures peu performantes malgré le talent de Pescarolo.

Durant cette décennie des 70’s, Pescarolo va rouler aussi en Sport Prototype et participer aux 24h du Mans. Il remportera 3 victoires consécutives avec Graham Hill en 1972 puis avec Gérard Larousse en 1973 et 1974.

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En 1975, Henri Pescarolo décroche son premier titre de champion de France des circuits à la suite de ces trois victoires avec Alfa Roméo (Spa, Zeltweg, Kyalami). Il remporte son second titre en 1978 au volant de sa Porsche pour le Kremer Racing.

Henri Pescarolo ne gagnera à nouveau l’épreuve mancelle que 10 ans plus tard, en 1984, au sein de l’écurie Jöest. Il signera dès lors sa 4ème victoire aux 24H du Mans, avec une Porsche (à ce jour,  seuls Jacky Ickx et Tom Kristensen ont réussi à faire mieux). Il devient une nouvelle fois champion de France des circuits et remporte la Porsche Cup la même année terminant ainsi meilleur pilote privé du Championnat du Monde d’endurance.

 

Fin de carrière

Les 1000 km du Nürburgring de 1986 consacrent sa 17e victoire en championnat du Monde Sport Prototype. Il finit 3e du Championnat de France Sport Prototype 1989. Il effectue une très belle saison aux Etats-Unis en 1991, toujours avec l’écurie Jöest, où il remporte les 24H de Daytona et termine 3e des 12H de Sebring. S’il participe tous les ans (ou quasi) à l’épreuve mancelle, il ne se retrouvera plus sur le podium, mais à des places honorables (6e en 1989 et 1992 mais 1er au classement des moteurs atmosphériques, 7e en 1985, 1991, 1996, 1997 et 1998). Il effectue sa dernière participation au Mans en 1999 où il termine 9e avec sa Courage C50.

En 2000, il met au point son écurie, Pescarolo Sports, et engage ses voitures en Endurance. Il va même développer sa propre voiture en 2004, qui finit au pied du podium aux 24h du Mans (derrière les intouchables Audi), mais remporte le championnat de France Sport prototype. En 2006, la Pescarolo finit 2e aux 24h du Mans, signant un dernier succès d’estime pour Henri Pescarolo.

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Henri Pescarolo reste encore aujourd’hui un pilote populaire, dont le grand public apprécie la simplicité, la pertinence et la droiture. Il envisage tout avec calme et lucidité, même dans les moments difficiles de sa vie.

 

Anecdote

Pour sa troisième participation à l’épreuve mancelle, Pescarolo nourrit de grandes ambitions au volant de sa Matra MS630 jusqu’à ce que, vers 2 heures du matin, sous la pluie, l’essuie-glace tombe en panne. Jugeant impossible de poursuivre la course, son coéquipier Johnny Servoz-Gavin rentre au stand pour abandonner. Lagardère, patron de Matra, réveille Henri Pescarolo pour lui annoncer l’abandon, le moteur de l’essuie-glace étant inaccessible. Pescarolo décide alors de prendre le volant mais l’équipe l’arrête au tour suivant pour lui demander si tout va bien. « Vous m’arrêtez pour ça ? Vous faites chier ! » répond Pescarolo en repartant en trombe.

 

Texte Eric Thomas, chroniqueur dans l’émission de radio « Pleins Phares » sur Fajet.net tous les premiers vendredi du mois à 17H.

Photos source internet

Written by Jack

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