Emile Mathis, un grand de l’automobile

Histoire

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Emile Mathis

Alsacien, Mathis va se lancer dans le monde automobile qui voit le jour, avec un succès certain et surtout une audace bien reconnue.

 

Débuts

Fils d’un hotelier strasbourgeois, né en 1880, Emile Mathis se lance dans le monde automobile aux côtés d’un autre grand, Ettore Bugatti. Ils se retrouvent tous les deux chez De Dietrich au début du XXe siècle. Bugatti est chargé de la conception, Mathis de la commercialisation des véhicules.

Lorsque De Dietrich les remercie, Mathis se lance en solo, en emmenant Bugatti avec lui, fondant la société Mathis et Cie. Il fait même une 2e société afin d’ecouler ses véhicules, et ceux d’autres marques. Cette 2e société lui permet de construire le célèbre Auto Mathis Palace, plus grand garage d’Europe et 3e plus grand du monde de l’époque.

La collaboration avec Bugatti prend fin en 1907, mais permit de sortir plusieurs modèles des usines Mathis de Graffenstaden, comme les fameuses Mathis Hermes Simplex. Les commandes se faisant plus grandes, Mathis construit une vaste usine à Strasbourg en 1911.

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La période faste

Après la première guerre mondiale, Mathis devient un citoyen français. Ses usines ne furent pas trop touchées durant le conflit et donc cela permis de relancer rapidement ses productions, si bien qu’il devient le 4e constructeurs automobiles du pays, derrière Citroën, Renault et Peugeot. Ses voitures ont une bonne réputation en particulier sur une utilisation très économique : son slogna de l’époque était « le poids, voilà l’ennemi ».

Les Mathis sont alors des voitures populaires et l’usine strasbourgeoise tourne à plein régime, avec le modèle plus célèbre, la Mathis MY 8CV de 1926. Visionnaire, il s’inspire même de techniques américaines dès 1930 comme le pont à denture hypoïde qui s’imposera après 1945. Il développe même les premiers moteurs entièrement en aluminium, et les premières boites de vitesse à 4 rapports.

La crise des années 30 arrivant, Mathis planche sur des voitures plus compactes comme la PY 7CV, ou encore une 8CV moderne, l’Emyquatre à roues avant indépendantes et freins hydrauliques.

Durant les années 20/30, l’usine située dans le quartier de la Meinau emploie environ 15.000 personnes, faisant de cette usine une des plus importantes de France.

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Le pilote

Mathis fut aussi un pilote émérite, participant à plusieurs courses, sur Mathis ou autres marques. Il participa ainsi au Kaiserpries en 1907, à la coupe de l’Auto pour voiturettes (sur Mathis), plusieurs courses de côtes, ou encore au Grand Prix Automobile de France en 1921. Il remporta en 1912 le Grand Prix de l’Automobile Club Belge.

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De la crise à la guerre, la fin d’un grand

Pour faire face à la Grande Dépression, Mathis s’allie à Ford pour former le groupe Matford. Le but est de construire des voitures des deux marques, mais la deuxième guerre mondiale mis fin à la collaboration.

Mathis part pour les Etats-Unis dès 1940, avec les plans de son usine. Il fonde la société MatAm servant à l’effort de guerre allié en produisant des obus. Les plans de son usine vont aussi servir à la faire bombarder stratégiquement aux Alliés.

Lors de son retour en France en 1946, Mathis avait deux projets, mais l’état de ses usines, son âge et le fait de n’avoir aucun héritier ont mis fin aux activités de ce génie alsacien. Ses biens et ses usines sont vendues à Citroën en 1953.

Mathis mourut accidentellement en 1956 en tombant de sa chambre d’hotel de Genève.

 

 

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Le mythe inachevé

Parmi les projets inachevé de Mathis, la fameuse VL333, inspiré durant la seconde guerre mondiale et faisant partie des rojets de reprise de Mathis. VL pour véhicule léger, et 333 pour 3 roue, 3 places, et 3 litres. Cette voiture aurait était une petite voiture pour redémarrer et rééquiper la France d’après guerre. Petite, économique et répondant aux besoins de la population, elle n’est restée qu’à l’état de projet, Mathis n’ayant pu redémarrer son usine après 1945.

 

 

Par Eric Thomas, chroniqueur dans l’émission « Pleins Phares », tous les premiers vendredi du mois sur Fajet.net de 17h à 18h.

Written by Jack

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