FORD THUNDERBIRD VII à X – Le crépuscule de l’ Oiseau du Tonnerre.

Conseils d'achat

FORD THUNDERBIRD 18

En 1999, la maison mère américaine annonce la renaissance de son modèle emblématique arrêté en 1997 à sa dixième génération. Sur le plan du style, cette nouvelle (et onzième!) génération incarna un indéniable retour aux sources. Le design a été confié à l’équipe des designers de la marque ainsi que de J.Mays vice président du style Ford et père de la New Bettle au style, elle aussi, rétro moderne. La ré interprétation reprend donc des éléments stylistiques historiques des versions allant de 1955 à 1962. Design extérieur, confort intérieur, seules les jantes alu de 18 pouces laissent à penser que la voiture est moderne sous sa carrosserie rétro. En 1999, ce n’est pas un coupé qui est présenté, mais un cabriolet avec hard top. Plutôt aboutie avec carrosserie en fibre de verre, ce sont 3 versions qui sont préparées. Mais c’est la version de couleur jaune comme le concept New Beetle qui fait le buzz. Les observateurs présents à cette présentation officielle croient immédiatement en la volonté du constructeur de lancer la production de la voiture. C’est ce qui sera annoncé 17 mois plus tard où Ford officialise la création d’une « petite » production. La quantité annuelle est établie à 25000 unités/an avec une version modifiée à chaque millésime. Ford qui est une marque populaire de la production de masse vise en quelque sorte le luxe et le prêt à porter. Les deux autres concepts étaient pour leur part noir avec intérieur cuir rouge et rouge avec intérieur cuir noir. Extérieurement le profil de la voiture est étiré faisant ainsi gagner au style affirmé de l’élégance. Le châssis est issu d’une plate forme raccourcie de la Lincoln LS également qui a été utilisé sur notre marché sous la robe de la Jaguar S-Type.

 

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Les détails du passé égrènent la voiture. Le hublot du hard top est certainement une des plus forte marque de l’héritage du passé rappelant le modèle de 1956. La calandre coupe frites, les optiques, la prise d’air du capot ,les aérations latérales des ailes avants, la finesse de la ligne arrière sont autant de clins d’oeil au passé. Sans oublier les feux arrières qui rappellent eux ceux de la Coccinelle ou encore de la New Bettle. L’habitacle est toutefois plus moderne et seul la taille des sièges confirment que l’on est bien dans une T Bird car la forme de la planche de bord est moderne et les matériaux utilisés sans grande noblesse. En plus la voiture perdra dans la production tous ce ornements en aluminium qui faisaient pourtant tant d’effet sur le concept originel. Sous le capot, fidèle à la tradition, la Thunderbird abrite un V8. Il est moderne entièrement en aluminium et d’une cylindrée de 3.9 litres. Il est d’ailleurs dérivé du V8 4.0 Jaguar. La puissance annoncée de 252cv a de quoi apporter des performances honnêtes à ce véhicule étudié pourtant pour le plaisir tranquille en balades. Il est couplé à une boîte automatique à 5 rapports commune également à Lincoln et Jaguar. Le V8 est remplacé en 2003 par une version remaniée à calage variable développant 280cv. Le couple passe ainsi de 362 à 388Nm. La boîte de vitesse profite également d’un aménagement avec une version à sélection manuelle de rapport dénommé « SelectShift ». L’échappement est étudié pour reproduire le son des Thunderbird des années 50. La voiture de série était disponible à sa sortie en rouge, jaune et bleu et était équipée de jantes de 17 » seulement et muni de l’ ABS. Seuls des jantes avec un autre dessin étaient disponibles en option. Le constructeur favorise alors les nuances de teintes extérieures et intérieures plutôt rétro pour la commercialisation avant de revenir rapidement vers des mariages de teintes plus conventionnelles afin de faire décoller les ventes. Car après des débuts prometteurs avec 31121 versions vendues en 2002, les ventes s’effritent dès 2003 avec 14506 exemplaires. La Thunderbird paye certainement son style particulier, le fait que ce soit une stricte 2 places mais aussi que bon nombre d’éléments proviennent de la banque d’organes de Lincoln. Le hard top avec le fameux hublot était en option (5000 $ quand même) avant d’être de série à partir de 2004 pour tenter également de re-dynamiser les volumes très en dessous des prévisions. Ce hard top n’était pas forcement de la teinte de la carrosserie. Les assemblages et matériaux utilisés manques de rigueur et de noblesse pour un produit de niche à l’image d’exclusivité. La qualité de peinture ne sera pas non plus à la hauteur de la voiture et les défaillances électriques récurrentes. Enfin, comme tout cabriolet surtout de petite série, l’étanchéité n’était pas parfaite avec des prises d’eau un peu partout. Stricte 2 places, un espace restait disponible derrière les sièges mais il n’a jamais été prévu de filet anti remoud pour limiter les effets d’airs dans la configuration cheveux au vent. Un couvre capote souple pouvait être installé manuellement sur la capote repliée. Le concept de 1999 sera suivi en 2001 par un autre concept car qui reprendra l’idée de celui des années 62-63 le transformant en vraie version cabriolet : la Sports Roadster. Les appuis têtes traditionnels des sièges disparaissent puisqu’ils sont intégrés moitié dans les sièges et moitié dans le couvre capote couleur carrosserie. Il était conçu pour le salon de Detroit de 2002 et a été vendu aux enchères en 2011 pour 55 000$ seulement. De couleur rouge, le cuir était blanc et l’habitacle retrouvait également l’aluminium brossé sur la planche de bord et les portières tant apprécié sur le premier concept. Ce Sports Roadster a été vendu non immatriculé et surtout sans espoir d’homologation pour la route aux Etats-Unis. Malheureusement pour elle, la Thunderbird sera éclipsée en 2002 par un autre concept Ford encore plus mythique qui lui connaîtra un réel succès commercial : la GT-40 Au final en 2004, la Thunderbird aura été vendue à 11998 exemplaires puis à seulement 9548 en 2005. Ford mettra donc un terme à l’aventure cette même année et il n’est pas envisagé suite à la crise de 2008 de relancer une douzième version. Seuls 67518 exemplaires auront été produits alors que les prévisions en prévoyaient 100 000. Ce modèle atypique reste bien en marge de la production automobile si bien qu’aujourd’hui vous avez pour la plupart sûrement découvert son existence dans mon blog tout en connaissant malgré tout son nom mythique ! Pourtant vous l’avez sûrement vue et remarquée puisque Ford est parvenu à la placer dans le James Bond de 2003 « Meurs un autre jour » avec Pierce Brosnan. Quelques Thunderbird ont été immatriculées en Europe.

 

Cette onFORD THUNDERBIRD 20zième génération de la Ford Thunderbird reste donc la dernière produite à ce jour. Malgré les nombreuses vicissitudes de toutes sortes qu’ il a connu au cours des décennies, en particulier durant la seconde moitié de sa carrière, comme le montre l’ histoire de ses six dernières générations, la Thunderbird a, malgré tout, conservé auprès des fans de voitures américaines une aura mythique et intacte. Et beaucoup, aujourd’ hui encore, espèrent qu’ un jour prochain, Ford se décidera à en lancer la prochaine et douzième génération. Qui vivra verra !

Texte Philippe Boulier

Written by Jack

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