CADILLAC 1949 – 1953 – On The Road Again ! EP3

Lifestyle

CADILLAC - 6

L’ année-modèle 1952, outre la célébration du cinquantenaire de la marque Cadillac, verra aussi la disparition de la marque de la mal-aimée Série 61 (dont la production a chutée de près de 27 000 exemplaires pour le millésime 1950 à seulement 4 700 en 1951). Après sa suppression du catalogue, c’ est le Club Coupé de la Série 62 qui deviendra la moins chère des Cadillac proposée au catalogue et qui jouera donc à présent le rôle de modèle d’ entrée de gamme de la marque.

En 1953, une fois la guerre de Corée terminée, qui marque donc pour les constructeurs américains un « retour à la normale », la gamme Cadillac est à nouveau étendue, cette fois vers le haut avec l’ apparition au sommet de la gamme d’ un nouveau modèle au nom d’ origine légendaire et qui deviendra l’ un des plus emblématiques de l’ histoire de la marque. Inspiré d’ un show-car dévoilé au public lors du Motorama de l’ année précédente, l’ Eldorado, ne se présente, de prime abord, que comme un cabriolet similaire à la version décapotable de la Série 62 et qui ne se différencie de cette dernière que par l’ adoption d’ un pare-brise panoramique. Elle est d’ ailleurs, non seulement, la première Cadillac à en être équipée (Les autres modèles de la gamme n’ y auront droit que l’ année suivante) mais aussi le premier modèle de tout le groupe General Motors à recevoir cet attribut qui va devenir un « gimmick » incontournable sur les voitures américaines des années 50. Toutefois, d’ autres caractéristiques permettent également de la différencier d’ un cabriolet Cadillac « ordinaire », comme le couvre-capote métallique (peint de la couleur de la carrosserie), les portières échancrées, les roues à rayons montées en série (en option sur les autres modèles de la gamme), ainsi qu’ un autoradio à recherche automatique de stations et une sellerie spécifique, alliant le tissu et le cuir, entièrement confectionnée à la main. Evidemment, au vu du prix exorbitant auquel il est affiché (7 750 dollars, soit près du double de celui du cabriolet de la Série 62 (Ce qu’ elle est d’ ailleurs sur le plan technique, sa mécanique étant exactement identique aux autres Cadillac), qui, lui, ne coûte que 4 144 $), il faut toutefois un peu plus qu’ un simple pare-brise panoramique pour espérer convaincre les clients potentiels de signer un chèque. A ce prix-là, l’ acheteur d’ une Eldorado a donc à une liste d’ équipements pléthorique : A l’ exception du système de climatisation, tous les autres équipements de confort qui ne sont disponibles qu’ en option sur les autres Cadillac sont ici montés en série. Le client prêt (et, surtout, ayant les moyens) de débourser une telle somme obtient ainsi l’ assurance de posséder (En dehors des limousines de la Série 75) la plus luxueuse et exclusive des Cadillac. D’ autant plus que, pour sa première année, la production de l’ Eldorado sera volontairement limitée à 532 exemplaires seulement. Une exclusivité que ce splendide cabriolet perdra, hélas, quelque peu au cours des années suivante. En dehors de quelques modèles tout aussi exclusifs comme la berline Eldorado Brougham, présentée en 1957. Si la gamme s’ élargira au fil des millésimes, avec l’ apparition, en plus de la berline citée plus haut, d’ un coupé Seville, le cabriolet, quant à lui, ne se différenciera bientôt plus du cabriolet DeVille, l’ autre décapotable de la gamme, que par quelques détails de finition, perdant de fait son statut de modèle « à part » dont elle pouvait se targuer lors de son lancement. Ce qui aura, évidemment, pour effet de faire baisser inexorablement ses ventes, les acheteurs n’ ayant plus guère de raisons de les préférer au cabriolet DeVille. Il faudra attendre la présentation, en 1967, d’ une nouvelle génération d’ Eldorado, sous la forme d’ un imposant coupé à la ligne très sobre (qui sera la première Cadillac équipée de la traction avant) pour qu’ elle retrouve enfin le caractère exclusif qui faisait tout le charme et l’ attrait de la version originelle de 1953.

CADILLAC - 7

Comme dans la plupart des pays européens, et même si, contrairement à leurs homologues du Vieux Continent) la plupart des constructeurs américains de voitures de luxe proposait, à cette époque déjà, des modèles vendus « clés en main », il était toujours possible à l’ acquéreur qui souhaitait une voiture unique et entièrement personnalisée, avait toujours la possibilité de commander un « châssis nu » qu’ il faisait alors livrer au carrossier de son choix. Si le règne des grands carrossiers américains s’ est pratiquement achevé avec la Seconde guerre mondiale, ceux qui poursuivront leurs activités après le conflit, en plus de poursuivre la transformation des berlines de série en voitures de cérémonies (C’est à dire en limousines rallongées, encore plus longues que celles inscrites au catalogue des constructeurs), se diversifieront aussi dans la réalisation de véhicules funéraires. Ainsi, en plus de ses limousines, Cadillac proposait aussi sur la Série 75, une version vendue sous la forme de « châssis roulant » (ou « Commercial Chassis », pour reprendre la terminologie du catalogue), partiellement carrossé (Livré avec toutes les pièces de carrosseries et les éléments d’ accastillage de la proue, ainsi que les portières, déjà montés. Un châssis, doté d’ un empattement extra-long, destiné à la réalisation d’ ambulances ainsi que de véhicules funéraires. Sur celui-ci, des carrossiers comme Hess & Eisenhardt (Connu pour avoir réaliser la Lincoln à bord de laquelle le président Kennedy fut assassiné à Dallas en 1963), Meteor, Miller ou Superior, réalisèrent une série de corbillards et d’ autres véhicules pour les cérémonies funèbres. Le plus original d’ entre eux étant certainement les « flower cars », un véhicule recevant un habitacle de coupé raccourci avec, à l’ arrière, un immense plateau en acier inoxydable destiné à reçevoir et à transporter les gerbes et les couronnes mortuaires depuis l’ église jusqu’ au cimetière. Des modèles qui vont immédiatement connaître un grand succès auprès des entrepreneurs de pompes funèbres, les Cadillac devant, là aussi, sur ce marché très spécial, des modèles incontournables. Ainsi, dans les années 50 et 60, lors des funérailles d’ un notable américain, figurait presque invariablement, d’ un cortège de Cadillac noires, avec l’ original « flower car » fermant le cortège.

 

Durant les années cinquante, General Motors s’ est fait une spécialité des manifestations, statiques ou itinérantes, présentant des « dream cars » destinés à attirer l’ attention du public et à tester les réactions de celui-ci sur les projets pour de futurs modèles. Durant les années concernées ici, plusieurs show-cars sur base Cadillac seront ainsi dévoilés au public, certains restant de pures « voitures de rêves », d’ autres, par contre, aboutissant (Bien que sous une forme parfois modifiée) à des modèles de série inclus au catalogue.

En janvier 1949, l’ exposition Transportation Unlimited tenue à l’ hôtel Waldorf Astoria de New York présente quatre Cadillac, dont deux berlines Fleetwood 60 S spécialement finies, un coupé sans montants sur le même châssis (En réalité, le prototype du futur Coupé De Ville) et un cabriolet baptisé El Rancho cultivant le thème « western ».

CADILLAC - 8

Le Motorama de l’ année suivante, qui se tient là aussi au Waldorf Astoria, dévoile aux visiteurs le cabriolet Debutante, d’ une couleur jaune vive, agrémenté d’ accessoires dorés et d’ une sellerie en véritable peau de léopard ! En 1952, l’ exposition itinérante, dévoilera un autre cabriolet spécial, dont le pare-brise panoramique annonce la future Eldorado. Le Motorama de 1953, lui, verra la présentation de deux Cadillac encore plus futuristes. La première, recevant l’ appellation Orleans, se présente sous la forme d’ une berline sans montants à ouverture centrale. La seconde, baptisée Le Mans, est un roadster réalisé sur un châssis raccourci, doté d’ une carrosserie en plastique et d’ un moteur poussé à 250 chevaux, dont la calandre préfigure celle des modèles 1954 et 1955. Trois exemplaires en auraient été construits, dont deux pour des clients privés. Toutefois, cette brève incursion dans le domaine des voitures de sport en restera-là (et on peut sans doute le regretter). A l’ époque, chez General Motors comme ches les autres grands groupes de Detroit (Chrysler et Ford), chaque marque avait un rôle et un secteur de marché bien détermine et s’ y tenait. Que ce soit sur instruction de la direction du groupe ou de leur propre initiative, les responsables de Cadillac décideront, finalement, de ne pas s’ aventurer plus avant sur le terrain de la Corvette.

A suivre

Written by Jack

Laisser un commentaire