CADILLAC 1949 – 1953 – On The Road Again ! EP2

Histoire

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Dans le catalogue de l’ année-modèle 1949, la gamme Cadillac se compose, au total, de onze modèles, répartis en quatre séries (Séries 61, 62, Fleetwood Sixty Special et Fleetwood Seventy-Five) et dont les prix vont de 2 788 à 5 710 dollars. Les deux premières comporte la traditionnelle berline (Sedan, selon la dénomination américaine), proposée en deux niveaux de finition et le coupé à pavillon plongeant. Si celui-ci a souvent reçu l’ appellation Sedanet (parfois aussi écrit Sedanette), toutefois, il n’ a toujours s’ agit que d’ un surnom et jamais d’ une dénomination officielle figurant au catalogue. Si celui-ci est certainement l’ une des plus belles carrosseries réalisées sur les Cadillac de cette époque, et bien qu’ il connaisse un grand succès depuis son apparition au catalogue en 1941, ce superbe modèle en est hélas ici à sa dernière année. La reconduction de cette carrosserie au catalogue et son adaptation au nouveau style des modèles du millésime 1950 a bien été étudiée mais elle n’ a aucune suite en série et n’ a même probablement pas dépassé le stade de la maquette grandeur nature en argile. Etrangement, alors que les autres divisions de la GM maintiendront cette carrosserie dans leur catalogue, Cadillac sera la seule à décider de la supprimer de sa gamme. A partir du millésime 1950, tous les coupés Cadillac recevront désormais des carrosseries « trois volumes », avec montant central en version Club Coupé ou sans montant central en version Coupé DeVille. La Série 62 se complète, elle, d’ un cabriolet (Convertible Coupe, selon la terminologie employée dans le catalogue) et, à la fin de l’ année-modèle, en juin 1949, d’ un coupé sans montant central qui reçoit l’ appellation DeVille. Ce nouveau modèle représentant la première génération des voitures « hardtop », avec la Buick Riviera. En seconde position au sein de la hiérarchie de la marque, la Fleetwood 60 Special est, elle, construite sur un châssis allongé et proposée uniquement en berline. Apparu au catalogue en 1938, ce modèle occupe une place à part au sein de la gamme Cadillac, alliant une décoration discrète et un grand raffinement, en particulier en ce qui concerne l’ habillage intérieur. Enfin, au sommet du catalogue trône l’ imposante et aristocratique Série 75 Fleetwood. Vendue uniquement sous forme de limousine, celle-ci est proposée en cinq versions différentes. Celles-ci ne diffèrent toutefois, essentiellement, que par le nombre de places assises (avec ou strapontins) ainsi que par la présence (ou l’ absence) d’ une cloison de séparation intérieure entre le chauffeur et les passagers. Ce modèle haut de gamme conservant, pour une ultime saison, l’ ancien style de carrosserie inauguré en 1941. Que ces limousines conservent une ligne qui date alors de près de dix ans les fait paraître d’ autant plus démodées face aux nouveaux modèles de la gamme, qui, eux, ont tous adoptés un nouveau style bien plus moderne. Mais la clientèle de ce genre de voitures, assez conservatrice, n’ y attache toutefois guère d’ importance. L’ adaptation du style des modèles du millésime 1949 aux limousines de la série 75 sera bien étudié, mais elle n’ atteindra jamais le stade de la série, à l’ exception d’ un exemplaire unique, une commande spéciale réalisée pour une cliente très privilégiée.

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Maintenant qu’ avec leur nouveau V8 à soupapes en tête, les Cadillac sont, du point de vue technique, entrées dans « l’ ère moderne », le bureau d’ études de la marque peut à nouveau se consacrer au renouvellement du style. Si, d’ ordinaire, chez la plupart des constructeurs américains, qu’ il s’ agisse des marques populaires comme celles de prestige, le style des modèles est, en moyenne, entièrement renouveler tous les deux ou trois ans, dans les années cinquante qui sont celles de la société de consommation par excellence et de la prospérité retrouvée, et où un très fort pouvoir d’ achat permet à un grand nombre d’ Américains de changer de voiture presque chaque année, le style a une grande importance (Pour ne pas dire une importance capitale) afin d’ entretenir et même d’ accentuer cette frénésie de consommation (Dans l’ automobile comme dans beaucoup d’ autres domaines). Les nouvelles Cadillac du millésime 1950 accentuent encore les effets de style des modèles des deux années précédentes, avec une calandre encore plus bombée et des pare-chocs à butoirs encore plus proéminents. A signaler que ces attributs restent alors l’ apanage exclusif des Cadillac, les modèles des autres marques de la GM n’ en bénéficiant eux aussi qu’ à partir de 1956. Tous les modèles du catalogue en bénéficient, y compris la très exclusive Série Seventy-Five. Le modèle « de base », la Série 61, de son côté, est désormais construite sur un châssis raccourci exclusif. La berline partageant avec les Buick Riviera « Touring Sedan » le pavillon raccourci sans vitre de custode, avec un large montant de custode, des portières arrière plus courtes ainsi que l’ absence de moulures sur les bas de caisse, qui la distingue des autres berlines proposées au catalogue dans les autres séries.

 

1949 sera aussi une grande année pour la marque car elle sera marquée par la production, le 25 novembre, de la millionième voiture portant le nom de Cadillac, ainsi que par celle, le 16 novembre de l’ année suivante, de la 100 000ème voiture du même modèle. L’ année-modèle 1950 verra également la division de prestige de General Motors se hisser en tête des ventes au sein des constructeurs américains de voitures de luxe, loin devant Lincoln, Packard et les Chrysler Imperial. Pour Cadillac, les ventes de l’ année 1951 seront meilleures encore. Le contexte politique international, avec le déclenchement de la guerre de Corée, en juin 1950, va toutefois contraindre la marque, comme la plupart des constructeurs, à accorder la priorité aux investissements militaires et, donc, à laisser, en partie, de côté, le développement technique de ses modèles.

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En conséquence, les trois millésimes suivants ne connaîtront que des évolutions assez minimes, portant surtout sur les éléments d’ accastillage des carrosseries. Sur le plan mécanique, les modèles connaîtront aussi plusieurs changements, avec, notamment, une légère augmentation de la puissance du V8, les modèles du millésime 1952 bénéficiant de 30 chevaux supplémentaires grâce à l’ adjonction d’ un nouveau carburateur quadruple corps. Une puissance qui augmentera encore, l’ année suivante, d’ une vingtaine de chevaux, grâce à l’ élévation du taux de compression. Un accroissement de la puissance qui n’ est pas seulement dû à un « effet de mode » ou afin de rester en permanence en tête du peloton sur le marché américain de la voiture de luxe, mais aussi, plus simplement, à cause des équipements de confort (La direction assistée en 1952, l’ air conditionné en 1953, le système de passage « phares-codes » automatique Autronic Eye ainsi que le passage du circuit électrique de 6 à 12 volts la même année) qui, à l’ époque, se multiplient, sur les Cadillac comme chez la plupart de leurs concurrentes et qui consomment souvent une part non négligeable des chevaux développés par le moteur. Toujours sur le plan technique, à la même époque, la transmission automatique, baptisée Dual-Range Hydra-Matic, équipe désormais de série toutes les Cadillac, à l’ exception des limousines. Cependant, l’ usine de Livonia, dans le Michigan, qui en assurait la fabrication, est entièrement détruite par un incendie. Du coup, en remplacement de celle-ci, les dernières Cadillac de l’ année-modèle 1953 seront équipées de la boîte de vitesse automatique Dynaflow empruntée aux modèles de la gamme Buick, qui, sur les Cadillac, recevra la nouvelle dénomination Twin-Turbine Drive.

A suivre

Written by Jack

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