CADILLAC ELDORADO (1979 – 2002) – Luxe américain au régime. Ep2

Histoire

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Après le deuxième choc pétrolier de 1979-1980 et une étude prospective indiquant un enchérissement du prix de l’essence, les dirigeants de Cadillac demandent le développement de modèles encore plus petits que les Séville et Eldorado qui viennent de sortir. Ce deuxième programme de réduction des dimensions débouche sur les nouvelles DeVille/Fleetwood lancées au printemps 1984 puis sur le duo Séville/Eldorado présenté à l’automne 1985 comme modèles 1986.

Les deux voitures sont en effet établies sur la nouvelle plateforme E qu’elles partagent avec l’Oldsmobile Toronado et la Buick Riviera (même si, techniquement, la Séville utilise la plateforme de type K à quatre portières). La nouvelle Eldorado apparaît ainsi comme la version coupé de la berline Séville.

Plus que le style, c’est le caractère même de l’Eldorado qui change. Sous la direction de Wayne Kady, les dessinateurs font leurs propositions pour la nouvelle Eldorado dès le mois de mars 1981. La difficulté est de maintenir les caractéristiques habituelles de style des Eldorado précédentes ; la portière avant est quasiment collée contre le passage de roue avant, un montant central sépare la vitre de portière et celle de custode et la voiture arbore des lignes trop arrondies. Malgré l’opposition de tous les stylistes, le directeur général de la marque maintient le cap, mais les dessinateurs ont du mal à apposer le nom Eldorado sur l’aile avant de la voiture.

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Au niveau du moteur, les ingénieurs ne sont pas mieux lotis. Les premières directives exigent un V6 … et des études initiales projettent même un moteur à quatre cylindres ! Finalement, les études de marché obligent à réétudier l’installation d’un V8, mais la place disponible étant trop limitée sous le capot, le moteur doit être placé en position transversale.

Établie sur un empattement de 2,75 mètres, la voiture mesure 4,78 m (40 cm de moins que le modèle précédent) de long, 1,82 m de large et 1,37 m de haut. Les phares avant, en composite, sont affleurants ; le coefficient aérodynamique (Cx) est de 0,37. Elle pèse 1 540 kg (soit 260 kg de moins que le modèle précédent) et peut rouler à 180 km/h grâce à son moteur V8 « HT4100 » de 4,1 litres développant 132 ch à 4 200 tr/min.

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Malgré la réduction de longueur de 15 cm de l’empattement, le volume intérieur de l’habitacle reste le même. L’habitacle voit le levier de sélection de la boîte de vitesses passer sur la console centrale.

La nouvelle Eldorado est affichée à 24 251 $. Elle est fabriquée dans la seule usine de Hamtramck. Les ventes s’effondrent de plus des deux tiers avec une production qui n’atteint que 21 342 exemplaires. Les acheteurs boudent cette Eldorado qui ne mesure même pas 200 pouces (5,08 m) de long, et les gens dans la rue doivent y regarder à deux fois pour s’assurer que c’est bien une Cadillac.

Pour 1987, l’Eldorado ne reçoit que des ajustements mineurs de suspension. Le prix est baissé à 23 740 $ et une version Biarritz à toit en vinyle sur la partie arrière est de nouveau proposée.

Mais les ventes s’effondrent encore pour n’atteindre plus que 17 775 exemplaires. L’échec est patent. Cadillac Eldorado 1988 Dès 1986, Chuck Jordan demande à Wayne Kady de corriger le style de l’Eldorado pour 1988. Mais les modifications ne sont permises qu’avec un budget restreint et la structure de la voiture doit être conservée. Les stylistes retravaillent d’abord l’arrière, en allongeant les ailes de 7,5 cm et en redonnant aux feux et au pare-chocs arrière un style proche de ceux du modèle précédent. Puis la face avant est modifiée afin de redonner du caractère à la voiture. Le capot récupère une bosse centrale plus prononcée que les stylistes désignent sous le nom de « Power Dome », les ailes sont redessinées et la calandre est changée.

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La longueur de la voiture atteint désormais 4,86 m et sa largeur 1,84 m. Le poids est en légère augmentation, à 1 570 kg. Au niveau de la mécanique, les freins sont améliorés et le moteur est réalésé à 4,5 litres ; sa puissance est maintenant de 155 ch. Le restylage permet de voir les ventes remonter à 33 210 exemplaires. La voiture coûte 24 891 $. Elle est importée en France où elle est proposée à 290 000 F avec une puissance fiscale de 19 CV. En 1989, le moteur est poussé à 180 ch grâce à une augmentation du taux de compression et un nouveau collecteur d’admission. Le prix monte désormais à 26 738 $ (343 700 F en France) et la production atteint 35 385 exemplaires. Pour 1990, Cadillac réintroduit une version « Touring Coupe ». Elle se distingue par le déchromage de son accastillage, ses jantes de 16 pouces en aluminium chaussées de pneus de 215 et son blason Cadillac entouré de sa couronne de laurier placé sur la grille de calandre.

Malgré ce nouveau choix, la production recule à 29 161 exemplaires. Pour 1991, sa dernière année, la plus mal aimée des Eldorado voit la cylindrée de son moteur passer à 4,9 litres, ce qui lui assure une puissance de 204 ch. La production baisse encore et atteint 22 048 exemplaires seulement.

 

Après lui avoir fait subir une cure d’ amaigrissement plutôt drastique – passant de 5,70 mètres au début des années 70 à 5,20 m en 1979 puis à 4,86 m en 1986 – Cadillac décide donc, pour le lancement de la onzième génération, en 1992, de redonner un peu de lustre à celle qui est resté, malgré les crises qu’ elle a traversée – l’ un de ses modèles les plus emblématiques.

Bien que conservant que le même empattement que sa devancière (2,70 m), la nouvelle Eldorado voit ainsi sa longueur passée, par l’ allongement des portes-à-faux, à 5,14 m. Comme pour la génération précédente, son style restait fortement inspirée de celle de la Seville.

De toutes les générations de l’ Eldorado, ce sera celle qui connaîtra la carrière la plus longue, mais aussi – paradoxalement – le moins de changements durant celle-ci.

D’ abord équipée, à son lancement, du V8 4,9 litres de 200 ch que sa devancière avait reçue à la toute fin de sa carrière, en 1991, ce dernier sera toutefois rapidement remplacé, dès l’ année suivante, par un V8 de nouvelle génération, le célèbre Northstar – considéré par beaucoup comme le meilleur V8 de l’ époque ! – qu’ a inauguré la nouvelle Seville. Fort de ses 270 ch et 295 ch (il était proposé en deux variantes), celui-ci va permettre à l’ Eldorado d’ afficher des performances en hausse. Tout comme ses ventes d’ ailleurs, même si celles-ci n’ atteindront cependant pas le record qu’ avait connue la neuvième génération, produite entre 1979 et 85.

Les seuls changements notables que l’ Eldorado connaîtra au cours de sa carrière seront de nouveaux pare-chocs, plus épais et abandonnant ses moulures chromés, et une calandre redessinée en 1995, ainsi qu’ un intérieur remanié l’ année suivante.

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Après l’ arrêt de la production de la Buick Riviera en 1998, avec qui elle partageait la même plate-forme, les rumeurs sur la fin de celle de l’ Eldorado ont alors commencé à circuler. General Motors avait bien présenté, au Salon de l’ Automobile de Detroit en 2000, un concept-car qui reprenait le nom de l’ Eldorado et qui devait, vraisemblablement, annoncer la future génération du modèle. Le manque d’ intérêt suscité par celui-ci auprès du public comme des médias ayant, semble-t-il, achevé de décider la direction de GM de mettre fin à la production de l’ Eldorado, sans lui donner de remplaçante.

Il est vrai qu’ avec la mise en chantier de la nouvelle génération de Cadillac, dont le premier d’ entres-eux, la berline compacte CTS, fit son apparition au moment même où l’ Eldorado quittait la scène, les responsables de la marque avait maintenant d’ autres priorités. Le déclin de ce genre de modèles, en termes de chiffres de ventres – à l’ image de ce que connaissaient d’ ailleurs les autres coupés de grand tourisme comme la Buick Riviera ou la Lincoln Mark VIII, face à leurs concurrentes européennes ou japonaises ayant décidé les constructeurs américains à se retirer, en grande partie, de ce marché.

Les 1 596 derniers exemplaires de l’ Eldorado, vendus comme modèles du millésime 2003 – pour commémorer les cinquante ans de la première Eldorado – furent vendus sous la forme d’ une série limitée baptisée – logiquement – 50th Anniversary. Elles étaient disponibles uniquement en blanc ou en rouge – les couleurs proposées sur l’ Eldorado de 1953. Les deux ultimes exemplaires construits allèrent, l’ un, au célèbre joaillier Nicola Bulgari, et l’ autre au musée de la marque.

Le vide laissée, au sein de la gamme Cadillac, par la disparition de l’ Eldorado, sera toutefois rapidement comblé par le coupé-cabriolet XLR, lancé en 2003.

Philippe Boulier

Written by Jack

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