TOYOTA 2000 GT – Le Requin du Soleil Levant. Ep4

Histoire

Toyota 2000 GT 9

 

Plus que la compétition, c’ est toutefois, avant tout et surtout, grâce au cinéma que la superbe GT japonaise. La superbe GT japonaise aura, en effet, le privilège de servir de monture au plus célèbres des espions du grand écran, James Bond, dans le film On ne Vit Que Deux Fois, sorti en 1967, dont l’ action se déroule, précisément, au Japon. Si, au moment de la pré-production du film, la 2000 GT n’ était pas encore officiellement commercialisé, le producteur des films de la série, Albert Broccoli, convaincu que, parmi tous les modèles de la production japonaise du moment, le nouveau coupé de Toyota est celui qui conviendrait le mieux pour servir de monture au personnage créé par Ian Fleming, prend alors contact avec le constructeur d’ Osaka. Lequel ne se fait pas longtemps prier pour fournir l’ un des exemplaires de pré-série à l’ équipe de tournage, bien conscient de l’ impact médiatique que ne manquera pas d’ avoir le film sur la notoriété de sa nouvelle GT. Anecdote assez « croustillante » ou comique, comme l’ acteur Sean Connery, qui incarnait alors le célèbre agent 007, s’ était rapidement rendu compte qu’ il était bien trop grand pour pouvoir prendre place à bord du coupé (En tout cas sans être obligé de voyager la tête calée entre les genoux et le ciel de toit!), ce qui montrera, en tout cas, une fois encore, l’ habitabilité insuffisante de la voiture. D’ autant plus qu’ il n’ y a alors presque plus de place pour installer les caméras ni de recul ou d’ angles suffisants pour que celles-ci puissent prendre les prises de vues lorsque le personnage de James Bond et celui de sa conductrice (Un agent des sErvices secrets japonais) sont assis à l’ intérieur. Pour remédier au mieux à ce problème, plutôt fâcheux, à la demande du producteur, Toyota fait alors réaliser une version Targa, équipée d’ un toit amovible en vinyle afin de faciliter le travail des caméras. Mais, toujours à cause de sa grande taille (La taille moyenne des Occidentaux étant souvent supérieur à celle de la plupart des Japonais ou des Asiatiques en général), la tête de l’ acteur dépasse du pare-brise et de l’ arceau, ce qui, lorsqu’ il est installa dans la voiture, a pour effet de le rendre ridicule. La production et le bureau d’ études de Toyota conviennent alors tous deux que la seule vraie solution qu’ il leur reste est de faire réaliser une version entièrement décapotable de la 2000 GT. La version Targa réalisée au départ est alors transformée, à la hâte, en cabriolet. Lequel reçut également un pare-brise en plexiglas ainsi que des roues à rayons (sans doute jugée plus élégantes sur une décapotable) similaires à celles du prototype. Bien que très réussi sur le plan esthétique (Même si, dans le film, la voiture roule toujours décapotée et que l’ on a donc aucune idée si la voiture aurait conservée l’ élégance de sa ligne une fois la capote mise en place. D’ autant que la voiture du film ne fut jamais équipée d’ une véritable capote, se contentant d’ une simple bâche en toile derrière les sièges, là où elle aurait normalement due se trouver), et malgré le succès du film, cette version inédite n’ incitera pas les dirigeants de Toyota à en commercialiser une version similaire au catalogue de la marque. Seuls deux uniques exemplaires de cette 2000 GT décapotable seront donc réalisés. En plus de celui qui a servi au tournage du film, un second cabriolet, de couleur bleue, cette fois, servira, lui, à en assurer la promotion lors de sa sortie.

Toyota 2000 GT 10

Cette version décapotable de la 2000 GT contribuera, en effet, comme l’ avaient espérer la direction de Toyota, contribuera grandement à la faire connaître hors du Japon ainsi qu’ à la faire passer à la postérité, surtout auprès des cinéphiles. En revanche, il n’ aura que fort peu d’ impact sur sa carrière, aussi bien en Europe ou aux Etats-Unis. La carrière de la superbe GT nippone restera, sur le plan commercial, assez confidentielle. Au total, lorsque sa production sera finalement arrêtée, au cours de l’ année 1970, seuls 351 exemplaires (Certains sources mentionnent toutefois le chiffre de 337) en auront été réalisé. A noter également qu’ il n’ y eut, en tout, que trois exemplaires équipés du volant à droite (Les Japonais roulant à gauche, comme les Anglais), ce qui montre bien, une fois encore, les ambitions que nourrissaient Toyota pour sa GT à l’ exportation. Un score qui n’ a donc rien de fantastique (On pourrait même parler d’ un cinglant échec commercial), surtout en regard des moyens investis, tant par Toyota (et Nissan) avant elle et par Yamaha que des ambitions et des espérances que ses concepteurs avaient placés en elle. Mais, avec le recul, il faut cependant reconnaître que cet échec commercial n’ a rien de vraiment étonnant et, d’ une certaine façon, était peut être même prévisible. Dès sa première présentation au public, en 1965, la Toyota 2000 GT, malgré des qualités pourtant indéniables, était sans doute destinée à ne jouer qu’ un rôle de figurante au sein de l’ univers des GT. Ceci, tout d’ abord, à cause d’ un rapport prix/performances qui ne lui était guère favorable : Elle était, en effet, affichée à un tarif nettement plus chère que celui de ses concurrentes européennes sans même parler de ses rivales américaines. Ces dernières, dans leur grande majorité, faisant figure de voitures bons marchés, étant affichés à des tarifs deux ou trois fois moins élevés tout en offrant deux fois plus de puissance ! En Amérique, la belle japonaise n’ avait donc, malheureusement pour elle, quasiment aucune chance de réussir à se faire une place au soleil, dans un pays où les Corvette, Mustang et autres Dodge charger régnaient en maîtres. Sur le marché des pays européens non plus d’ ailleurs, et peut être même encore moins. Car, là-bas, un peu comme dans l’ aristocratie de l’ Ancien Régime, si une GT voulait avoir une chance sérieuse de réussir à être admise dans ce cercle très fermé et à être considérée comme en étant un membre à part entière, il fallait pouvoir se réclamer d’ une longue et prestigieuse ascendance. Un critère indispensable en ce temps-là (et encore souvent aujourd’ hui) dont ne pouvait, malheureusement, se prévaloir la Toyota 2000 GT. A la fin des années soixante ainsi qu’ au début des années 70, en dehors de quelques amateurs éclairés, presque tous les automobilistes, qu’ ils soient Européens ou Américains, considéraient, peu pou prou, les voitures japonaises, les sportives comme les simples berlines familiales, comme de vulgaires « camelotes » !

Toyota 2000 GT 12

Avec à peine trois ans de carrière au compteur (Cinq si on peut en compte la première présentation public du prototype, en 1965), il n’ est donc pas étonnant que la 2000 GT n’ ait connu que peu d’ évolutions durant ses quelques tours de roues. La plus notable étant sans doute, en 1970, dans les derniers mois de sa production, d’ une version simplifiée sur le plan mécanique, avec un moteur qui n’ est maintenant plus équipé que d’ un seul arbre à cames en tête, mais reçoit, en revanche, des équipements de confort supplémentaires, avec, notamment, une climatisation, ainsi qu’ une boîte de vitesses automatique remplaçant la boîte manuelle à cinq rapports d’ origine. Cette ultime version (Nom de code interne MF 12, la version initiale ayant reçue, elle, la dénomination MF 10) ne sera toutefois produite, en tout et pour tout, qu’ à neuf exemplaires.

A suivre

Written by Jack

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