HOLDEN 48/215 et FJ – Les aventures de General Motors au pays des kangourous. EP2

Histoire

HOLDEN (3)

Les membres du directoire de la GM se retrouve, d’ une certaine façon, face à un dilemme : D’ une part, ils n’ ont pas vraiment envie de débourser le moindre dollar pour un projet auquel ils ne croient guère mais, de l’ autre, ils n’ ont pas vraiment envie non plus de se mettre à dos le gouvernement australien, qui, lui, le soutient vigoureusement. D’ où la réponse, plutôt paradoxale, qu’ ils adressent à Larry Hartnett : Ils acceptent d’ apporter le soutien logistique (c’ est à dire celui des membres du bureau d’ études du groupe) mais la responsabilité de l’ apport financier, quant à lui, incombe entièrement à ce dernier. Charge donc à Hartnett à se débrouiller pour trouver lui-même des investisseurs. La direction de General Motors étant sans doute convaincue que, malgré ses relations et son opiniâtreté, Hartnett ne réussira jamais à trouver le financement (assez conséquent) pour mettre en production sa voiture australienne et qu’ il en sera d’ ailleurs de même pour le gouvernement de Canberra. Toutefois, contrairement à ce qu’ ils pensaient, les représentants politiques Australiens, ayant sans doute aussi finis par deviner, tout comme Hartnett, les intentions réelles des dirigeants de la GM en leur donnant ce verdict plutôt ambigu. Ce dernier faisant, ici, une fois de plus, la preuve de ses talents de persuasion auprès de la majorité politique qui tient alors les rênes en Australie : Le gouvernement contracte en effet un emprunt de 2 500 000 £ auprès de la banque du Commonwealth afin de financer le projet de ce qui deviendra la première voiture entièrement australienne. Hartnett peut alors, enfin, se mettre au travail.

Ce dernier a déjà défini les points essentiels du cahier des charges de la future voiture : Celle-ci doit être solide, avec une carrosserie aux lignes certes assez élégantes mais aussi simples afin de réduire au minimum l’ emploi de machines-outils pour l’ emboutissage de la carrosserie. Elle doit aussi être légère et compacte afin de consommer peu de carburant. Pour cette même raison, le choix de la motorisation qui doit équipée la voiture se fixe rapidement sur un six cylindres en ligne, de cylindrée réduite, ce genre de mécanique ayant la préférence des automobilistes australiens. De plus, elle est aussi économique qu’ un quatre cylindres, tout en étant plus silencieux, plus souple et aussi très bien adapté à l’ utilisation sur longue distance sur le réseau routier de l’ Australie, composé, dans sa plus grande partie, d’ interminables routes rectilignes.

HOLDEN (4)

Pour la conception du premier modèle à porter le nom de Holden, le bureau d’ études de General Motors a justement dans ses cartons un projet de voiture compacte qui était destiné, à l’ origine, à un modèle d’ entrée de gamme pour la marque Chevrolet et juge que celui-ci conviendrait parfaitement pour servir de base au projet de Harnett. L’ équipe chargée de la conception et de l’ industrialisation de la future Holden, composée d’ ingénieurs américains et australiens se met alors au travail mais de nombreux désaccords de toutes sortes ne tardent pas à se faire jour et l’ atmosphère de travail ne tarde pas à devenir plutôt tendue entre les membres des équipes des deux pays. Larry Hartnett lui-même ne tarde pas à faire les frais de ces dissensions et à le payer au prix fort, se voyant contraint, sous la pression des grands patrons de Detroit, de démissionner de son poste de directeur de Holden. Cela faisait sans doute un certain temps déjà que Hartnett était dans le collimateur des dirigeants de la GM, qui n’ ont jamais vraiment apprécié son esprit d’ indépendance à leur égard et qu’ il leur ait, à certains égards, avec l’ aide du gouvernement australien, forcé la main pour faire aboutir le projet Holden.

HOLDEN (5)

A suivre

Written by Jack

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