CADILLAC ELDORADO BROUGHAM – American Dream On. Ep 1

Histoire

 

CADILLAC ELDORADO BROUGHAM –

American Dream On

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L’aube du XXIème siècle a été marquée pour la division de prestige de General Motors par l’arrivée d’un nouveau style qui marque une rupture aussi nette que profonde et brutale avec celui des années 90. La dernière décennie du siècle précédent avait été marquée, en tout cas pour les modèles haut de gamme de la marque, par une survivance du « classicisme » des années 70 et 80, où les DeVille, Fleetwood et autres Fleetwood Brougham avaient perpétuées le style inaugurée par leurs devancières des « années Nixon, Carter et Reagan » (en référence aux trois principaux présidents américains qui se sont succédés à la tête des Etats-Unis durant ces deux décennies), avec des attributs comme la calandre en forme de blason (ou de bouclier) ou les longs feux arrière verticaux qui faisaient partie de « l’ ADN » des Cadillac.

Avec le début du troisième millénaire, les designers du premier groupe automobile américain (qui, avant la crise de 2008, tenait encore le haut du pavé sur la scène automobile mondiale) estimant (sans doute à juste titre) que celui-ci avait fait son temps et jugeant que les voitures de la marque avaient besoin d’être doté d’une identité entièrement nouvelle en matière de style, décidèrent donc d’adopter pour les nouvelles Cadillac ce qui était alors le courant dominant au sein du design automobile en ce tout début des années 2000. Baptisée « new edge design », cet « art nouveau » se singularisait par des lignes tout en angles et en arêtes vives.

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Si, depuis la fin des années 70 et le début des années 80, où la règle au sein des bureaux de style (aussi bien aux Etats-Unis qu’ au Japon ou en Europe) semblaient de dessiner les lignes de toutes les voitures (non seulement pour les carrosseries mais aussi pour les planches de bord) à la règle et à l’équerre, et qui, globalement, n’a pas été la meilleure époque dans l’histoire du design, en tout cas en ce qui concerne l’ automobile, les stylistes semblent avoir mieux maîtriser l’assemblage des lignes droites, ce nouveau « courant artistique » n’engendrera pas que des chefs d’oeuvres (Que l’on se souvienne de la Pontiac Aztek ou du concept-car Ford GT 90 pour s’ en convaincre). S’il a plutôt bien réussi à certaines marques de prestige, comme Lamborghini, chez Cadillac, en revanche, sur le plan commercial en tout cas, cette orientation stylistique n’a guère eu de résultats probants.

Nourrissant sans doute la nostalgie des modèles des années 50 (L’âge d’ or non seulement pour Cadillac mais aussi pour la plupart des constructeurs américains), les observateurs de la presse automobile (et aussi une grande partie du public) se demandèrent ouvertement si le coupé/cabriolet XLR n’aurait pas gagné à se doter d’une paire d’ailerons et de butoirs proéminents afin d’offrir une identité plus affirmée. Si, aujourd’hui, la marque semble traverser une crise d’identité, il y a une soixantaine d’ années, en revanche, celle-ci était non veulent bien affirmée mais, au sein du public américain, faisaient également l’unanimité. Pour preuve, Cadillac occupait alors la plus haute marche du podium au sein des marques américaines de luxe, Lincoln et les Chrysler Impérial étant alors loin derrière).

L’imagination des designers qui travaillaient sous la direction du talentueux et charismatique Harley J. Earl (qui dirigea le style des différentes divisions du groupe GM durant plus de trente ans, entre 1927 et 1958) paraissait sans limites. Durant les années 50, qui, pour l’Amérique, furent celles de la prospérité sans limites, ce courant, dont les Cadillac furent sans doute les meilleures représentantes , qui allait devenir de plus en plus exubérant au fil du temps, pour connaître leur apogée (ou leur paroxysme) à la fin de la décennie, sur toutes les voitures américaines, même les plus modestes, le style primait indubitablement sur la fonction. Ayant parfaitement compris que les Américains achetaient alors une voiture par passion et non par raison, il déclarait aux designers qui travaillaient sous ses ordres: « Vous devez concevoir une automobile de manière à ce que ce soit un plaisir chaque fois que l’on monte dedans ! Que son conducteur aient l’ impression de s’offrir des vacances ! ».

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A la fin des années 50, Harley Earl, le tout-puissant « vice-président en charge du style » (Son titre officiel) n’ a désormais plus rien à prouver (et cela depuis longtemps déjà). Après trois décennies de bons et loyaux services au sein du groupe General Motors, Earl sait toutefois que son « règne sans partage » doit bientôt s’achever. Son départ à la retraite est, en effet, déjà programmée (pour le mois décembre 1958) et l’omnipotent « chef designer » devra alors céder sa place à celui qui est alors, depuis près de vingt ans maintenant, son adjoint, William » Bill » Mitchell. Comme tout artiste (Car quasiment tous les designers automobiles sont alors des artistes et Earl peut certainement être considéré comme l’un des plus grands d’entre-eux), il rêve toutefois de réaliser son « oeuvre ultime », celle qui constituera la voiture de tous les superlatifs, le must des voitures américaines, une voiture qui symbolisera, mieux que toutes les autres, le luxe à l’ américaine sur quatre roues.

Parce que, pour lui, le rideau se baissera bientôt et qu’ il a largement donné toute la mesure de son talent au sein de toutes les marques de la GM, depuis la plus simple des Chevrolet jusqu’ aux opulentes Cadillac, Earl peut, quasiment, tout se permettre, sachant que la direction du groupe lui laissera entièrement « carte blanche ».

A suivre

Written by Jack

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