HUDSON « STEP-DOWN » – HERO OF CARS. Episode 4

Histoire

 

En septembre 1950, la gamme s’enrichie également d’une version plus performante, baptisée Hornet. Porté à 5 litres (5 052 cc), son moteur six cylindres latéral délivre 145 ch. Disponible à partir du millésime 1952 (fin 1951), l’option Twin-H-Power, qui consiste dans le montage de deux carburateurs Carter, coiffés d’une paire de filtres à air à l’étrange forme cylindrique peints en rouge vif, permet de porter la puissance à 170 chevaux, ce qui en fait l’un des moteurs à soupapes latérales les plus puissants de l’histoire.

Le lancement de ce modèle à hautes performances va avoir pour effet la mise à la retraite du huit cylindres en ligne, qui constituait jusque-là, en matière de motorisation, l’offre haut de gamme du catalogue Hudson. (Il est vrai que la conception de bloc-moteur, construit entièrement en fonte, remontait au début des années 30 et qu’il avait donc fait son temps). En 1952, son dernier millésime de production, seuls 3 125 clients en passeront d’ailleurs commande. (Le modèle le plus cher du catalogue est alors le cabriolet Commodore Eight Brougham. Vendue la coquette somme de 3 342 $, il n’en sera produit, en tout et pour tout, que… 30 exemplaires pour l’année-modèle 1952. Après la disparition de la Commodore, la gamme Hudson ne comportant désormais plus que des modèles à moteurs six cylindres.hudson-_step-down_-g

La Hornet reprend alors le rôle de vaisseau amiral de la marque. Dans le catalogue 1952, celle-ci est disponible avec quatre carrosseries : Berline, coupé « classique » (avec montants), coupé hard-top (sans montant central) et cabriolet. Le coupé sans montant, qui reçoit l’appellation Hollywood Hard-top Coupe au sein du catalogue Hudson. (Malgré ce nom évocateur, les Hudson « Step-down » ne s’attireront jamais les faveurs des stars du cinéma américain. Une exception notable sera toutefois celle de l’acteur Steve McQueen, qui possédera pas moins de quatre Hudson, dont un cabriolet Commodore Six, acquis en 1950, qu’il conservera jusqu’à sa mort, en 1980. Il confiera d’ailleurs que la Hudson était l’une de ses voitures préférées). Celui-ci à été introduit en septembre 1951 et est disponible sur tous les modèles de la gamme. Sur la Hornet, le coupé hard-top est toutefois affiché à un prix assez élevé (Un peu plus de 3 000 dollars, contre « seulement » 2 722 $ pour le coupé « classique », baptisé club Coupe), ce qui limite forcément sa diffusion. Ce qui explique assez facilement pourquoi seuls 2160 acheteurs en passeront commande.hudson-_step-down_-i

Au sein de la presse automobile et même parmi les clients les plus fidèles de la marque, de plus en plus nombreux sont ceux à s’étonner que la direction de Hudson s’obstine à conserver des moteurs équipés d’une distribution à soupapes latérales. Un dispositif qui, en Europe comme aux Etats-Unis, sur les voitures populaires comme sur les modèles de luxe, est alors devenu anachronique, le système à soupapes en tête, qui à commencer à se généraliser dès la seconde moitié des années trente, offre un meilleur rendement pour une cylindrée plus réduite. Si les ingénieurs de la marque font preuve d’un talent certain pour tirer le maximum de puissance possible du six cylindres latéral, il apparaît toutefois, de façon de plus en plus claire avec le temps, que celui-ci est arrivé en fin de carrière et qu’il devra bientôt, lui aussi, être remisé au placard. Un retard sur le plan technique qui ne va pas tarder à devenir un handicap de taille. Surtout que la concurrence (En tout cas en ce qui concerne les divisions des big threes) s’est maintenant mise à la page, G.M. ayant adopté, sur toutes ses marques (Buick, Cadillac, Chevrolet, Oldsmobile et Pontiac) de modernes V8 à soupapes en tête fin 1948 et Chrysler faisant de même en 1951. Même si, pour l’heure, les six cylindres Hudson peuvent encore soutenir la comparaison face à leurs nouveaux concurrents, grâce aux efforts constants des ingénieurs qui leur apportent constamment de nouvelles améliorations, l’écart ne va, hélas, pas manquer de se creuser au fil du temps.hudson-_step-down_-j

Dans ce nouveau contexte de concurrence effrénée entre les géants de l’automobile américaine, avec, dans toutes les marques, des offres de modèles qui s’élargissent sans cesse, l’apparition, en 1952, au sein de la gamme Hudson, de la Wasp, apparaît comme une nouveauté bien timide. Une appellation qui a, en réalité , une double signification : Si elle veut dire « guêpe » en anglais, elle renvoie aussi aux initiales de White Anglo-Saxon Protestant. C’est à dire de ce qui est présenté alors comme l’archétype du « vrai Américain ». Une signification (cachée ou involontaire) qui, aujourd’hui, semblerait politiquement incorrect (pour dire le moins) et qui vaudrait sans doute même au constructeur qui l’appliquerait à l’un de ses modèles une accusation de racisme ! Mais, à l’époque, cela n’avait rien de très péjoratif (en tout cas aux yeux des Américains blancs) dans un pays où, il faut le rappeler, surtout dans les Etats du sud, on pratiquait encore la ségrégation raciale. Etabli sur un châssis de 302 cm d’empattement (comme pour la Pacemaker), il reçoit comme motorisation un 6 cylindres de 4 296 cc, d’une puissance de 127 chevaux, emprunté à la Commodore Six. Le modèle le moins chère est alors le Club Coupe six places, facturé à 2 466 $. (La gamme proposant les mêmes carrosseries que sur la Commodore et la Hornet). Au total, tous modèles confondus, 21 876 exemplaires de la Wasp seront produits durant le millésime 1952.

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A défaut de pouvoir proposer un vaste choix de moteurs, Hudson s’efforce au moins d’offrir le choix le plus large possible en matière de transmissions : Le client peut ainsi opter pour une boîte manuelle à trois rapports tout ce qu’il y a de plus classique qui (contre un supplément de 100 $) peut être équipée d’un overdrive, des transmissions semi-automatiques (au mécanisme complexe et d’une fiabilité assez douteuse) baptisées Drive Master sur la Pacemaker (105 $) et Supermatic (199 $) sur les autres séries. La Hornet, le modèle haut de gamme de Hudson, bénéficie, quant à elle, à partir de 1951, contre un supplément de 158 $, d’une boîte de vitesses à quatre rapports entièrement automatique (dénommée Hydramatic) conçue, elle, par General Motors et beaucoup plus fiable que les transmissions semi-automatiques « maison » (Hudson n’ayant, de toute façon, plus les ressources nécessaires pour investir dans ce genre de programme).

A suivre

Written by Jack

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