ALFA ROMEO 2000 ET 2600 – LE TREFLE MAL-AIME.

Histoire

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Si, sur bien des points, la 2600 aura réussie là où la 2000 avait échouée (Tant sur le plan des performances que de la tenue de route), elle ne mènera pourtant qu’une carrière en demi-teinte. Le service commercial comme le réseau de vente de la marque ne faisant, en effet, guère d’efforts pour la promouvoir, ceux-ci concentrant bientôt leurs efforts sur celle de la Giulia. Ainsi marginalisée quasiment dès le début de sa carrière, la Berlina 2600 n’évoluera guère. Sur le plan technique, la seule vraie modification notable étant le montage de quatre freins à disques à partir de 1963. Sur le plan esthétique, en 1965, elle perdra une grande partie de ses baguettes chromées sur les flancs, ce qui aura l’ avantage de lui conférer une allure plus sobre.

En plus de ce délaissement de la part de la direction d’ Alfa Romeo, la 2600 peine également à rivaliser avec les nouvelles références de la catégorie, au premier rang desquelles figure la Mercedes 250 S, à la fois plus géante et plus performante.

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Même si, sur le plan commercial, ce surnom de « trèfle mal-aimé » ne vaut que pour les berlines, l’échec commercial des Berlina 2000 et 2600 est assez symptomatique d’une sorte de malchance qui semble frapper presque toutes les grandes berlines Alfa. Il faudra d’ailleurs attendre pas moins de onze ans, jusqu’en 1979, pour voir enfin apparaître le nouveau modèle haut de gamme d’Alfa Romeo, l’alfa 6. (Il est vrai que celle-ci devait, à l’origine, être commercialisée en 1973, soit six ans auparavant. Mais l’éclatement de la première crise pétrolière et les problèmes socio-politico-industrielles rencontrés par le constructeur dans son usine de Naples, qui produit l’Alfasud, en retardera longtemps le lancement). Seuls 12 000 exemplaires sortiront de l’usine d’Arèse. A côté, l’Alfa Romeo 164 apparaît véritablement comme un best-seller avec plus de 274 000 exemplaires. Sa remplaçante, l’Alfa 166, n’aura pas la même chance, puisqu’un peu moins de 100 000 exemplaires (soit près de trois fois moins) en seront vendus entre 1998 et 2007. Devant ce résultat peu concluant, il est assez compréhensible que les dirigeants d’Alfa Romeo ait décidé d’en rester là. L’Alfa 166 disparaîtra donc sans laisser de descendance au sein du catalogue du constructeur d’Arèse. Comme on le voit, malgré tous les efforts déployés par Alfa Romeo pour tenter de se faire une place au soleil au sein du segment des grandes routières et la prestigieuse ascendance dont ils pouvaient se prévaloir, ceux-ci seront, en grande partie resté vains. Même au sein de la catégorie des berlines « familiales », ceux-ci commence à marquer le pas. Si la 156 avait marqué, tant sur le plan du style que de la qualité de construction, la renaissance d’Alfa Romeo, la firme n’a, manifestement, pas su « transformer l’essai ». Alors que cette dernière avait atteint le score de 680 000 exemplaires, sa remplaçante, la 159, elle, ne pourra revendiquer qu’environ 240 000 usitées sorties d’usine. Etant donné que celle qui assurait, depuis la disparition de la 166, le rôle de modèle haut de gamme de la marque (Si l’on excepte l’élitiste 8C Competizione), n’aura donc connue qu’une carrière en demi-teinte, ceci explique sans-doute (en tout cas en partie) la raison pour laquelle, après qu’elle ait quittée (discrètement) quittée la scène en 2011, les dirigeants d’Arèse ne se sont pas pressés pour lui donner une remplaçante. Cette dernière, la Giulia, n’étant entrée en scène que cinq ans plus-tard, au début de l’année 2016. Si la nouvelle berline Alfa peut revendiquer une ligne fort aguicheuse, il reste à voir si elle saura séduire le public en dehors du cercle des « Alfistes » et des amateurs de voitures italiennes. L’histoire (et pas seulement dans le domaine de l’automobile) ayant montré, à de nombreuses reprises, que la conquête (et plus encore la reconquête) d’un marché est souvent une bataille longue et difficile. Surtout lorsque la concurrence est aussi nombreuse que féroce. Comme le disent si bien les Anglais : « Wait and see » (Attendre et voir) !

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Texte Jean-Louis Schiffer

Written by Jack

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