ALFA ROMEO 2000 ET 2600 – LE TREFLE MAL-AIME.

Histoire

alfa-romeo-2000-et-2600-14

En 1954, la 1900 reçoit un nouveau bloc dont la cylindrée passe à 1 975 cc (La puissance étant toujours de 90 ch) et est rebaptisée 1900 Super. L’alimentation par deux carburateurs restant réservée à la berline TI et au coupé Sprint, lesquels atteignent à présent les 115 chevaux. Equipée, quant à elle, d’une boîte à cinq vitesses, la version Super Sprint revendique une vitesse de pointe de 190 km/h.

Si la carrière de la 1900 a sans-doute atteint là son apogée, elle commence toutefois par être quelque peu occultée par celle qui est désormais le nouveau fer de lance de la marque, la Giulietta 1300. Les efforts de la direction d’Alfa Romeo se focalisant maintenant sur cette dernière, la 1900 va alors, progressivement, se voir plus ou moins reléguée sur une « voie de garage ». Il est vrai que, en cette seconde moitié des années 50, son style tout en « rondeurs » a plutôt vieilli. Giuseppe Scarnati, le nouveau directeur du bureau de style Alfa, décide alors de la redessiner pour lui redonner un coup de jeune.

alfa-romeo-2000-et-2600-13

Faisant son apparition au Salon de Turin à l’ automne 1957, l’Alfa Romeo 2000 (photos 1 et 2) présente une ligne à la fois plus moderne et aussi plus « statutaire ». En plus d’une carrosserie entièrement remodelée, elle bénéficie également de voies élargies (passant de 2,63 m à 2,72 m), ce qui procure d’ avantage d’espace aux passagers à l’ arrière. Les suspensions, elles, sont pratiquement inchangées par rapport à celles de sa devancière, la 2000 conservant ainsi un dispositif classique composé de triangles transversaux à l’avant et un essieu rigide à l’ arrière, tous deux guidés par des ressorts hélicoïdaux. La direction, elle aussi, ne verse pas dans un modernisme radical, avec son système à vis globique, tout comme les freins à tambours sur les quatre roues. Succombant, comme un certain nombre de modèles européens de l’époque, à la mode en vigueur sur les voitures américaines, la nouvelle berline Alfa arbore une décoration plutôt chargée avec de nombreuses moulures chromées, qui ornent notamment la proue ainsi que le pavillon et les flancs. En plus de cela, la volonté de conserver la calandre traditionnelle propre à la marque à imposer le montage d’ un capot-moteur plongeant aux formes torturées.

Voyant sa puissance (volontairement) limitée à 105 chevaux, le bloc de 1 975 cc, même secondé par une boîte de vitesses à cinq rapports, à plutôt fort à faire pour mouvoir dignement cette grande berline qui affiche tout de même 1 340 kg sur la balance et elle peine à dépasser les 160 km/h. On comprend dès lors que ceux qui avaient auparavant conduit les 1900 TI et Super Sprint restent sur leur faim. Il n’est, dès lors, pas étonnant que la berline 2000 n’ait séduit qu’un peu plus de 2 800 acheteurs, jusqu’à son retrait en 1962.

alfa-romeo-2000-et-2600-12

Ayant pris conscience que, sur le plan des performances, la berline 2000 souffrait de la comparaison face à la concurrence, tant nationale (Qu’il s’ agisse de la « plébéienne » Fiat 2100 ou de la Lancia Flaminia) qu’étrangère, la direction d’ Alfa Romeo décide, en 1962, de corriger le tir et dévoile, au Salon de Genève, la Berlina 2600 (photos 3,4 et 5). Les ingénieurs d’Alfa Romeo n’ont pas fait dans la demi-mesure. La voiture passant désormais de quatre à six cylindres. Sous le capot se trouve, en effet, à présent, un six cylindres en ligne de 2 584 cc doté d’un vilebrequin à sept paliers, alimenté par deux carburateurs Solex et, toujours, d’une distribution à double arbre à cames. Développant une puissance de 130 chevaux, le modèle haut de gamme du constructeur milanais apparaît désormais mieux armé pour affronter sa principale rivale, la Lancia Flaminia 2,8 litres. Si la carrosserie reprend les grandes lignes de celles de sa devancière, elle est à la fois plus anguleuses et d’un style encore plus statutaire, une impression renforcée par la face avant plus massive et d’un style encore plus « baroque ». Par rapport à celle de la 2000, la proue de la 2600 se reconnaît à ses deux grilles rectangulaires qui encadrent la calandre traditionnelle en forme de blason (ou de boucler) caractéristique des Alfa, dans lesquelles ont été intégrés deux projecteurs additionnels. La partie arrière, de son côté, perd l’extrémité saillante de ses ailes (Les ailerons, ou plutôt les embryons d’ailerons, dont se parait la 2000 étant passés de mode) et et équipée à présent de feux arrière verticaux de forme rectangulaire. Le couvercle de malle, à l’ image de la partie avant, affiche lui aussi un air tout aussi massif avec ses formes taillées à la serpe. Par contre, la 2600 a conservé de sa devancière ses nombreux enjoliveurs chromés et la décoration latérale toujours aussi chargée n’allège pas vraiment l’ensemble. D’autant plus qu’avec sa ceinture de caisse assez haute, la 2600 trahit bien, là aussi, qu’ elle a été conçue (pour sa version originelle) dans les années 50. Affichant ainsi un air très « guindé », la Berlina 2600 n’est pas sans évoquer, par certains côtés, une berline Giulia, en plus grande et plus « baroque ». Cette dernière, considéré par beaucoup comme le chef d’oeuvre de Giuseppe Scarnati, présente toutefois des proportions mieux maîtrisées qui, sur le plan esthétique, font paraître les lignes de sa grande soeur assez « brouillonnes ». Contrairement à la 1900, la 2600 ne revendique, elle, aucune prétention sportive. La puissance de son moteur six cylindres lui permet néanmoins d’atteindre les 175 km/h tout en préservant le confort et l’ agrément de ses occupants. Un autre de ses avantages, par rapport à la 2000 qu’elle remplace, sont le montage de freins à disque à l’avant (Avant tout dans le but de compenser sa prise de poids – Elle atteint désormais 1 420 kg à vide – et lui assurer un freinage efficace).

A suivre

Written by Jack

Laisser un commentaire