ALFA ROMEO 2000 ET 2600 – LE TREFLE MAL-AIME.

Histoire

alfa-romeo-2000-et-2600-16

Si, une fois la guerre terminée, Alfa Romeo reprend (lentement) la production de l’élitiste 6 C 2500, les dirigeants de la marque milanaise ont toutefois bien conscience, dès le départ, que ce modèle, affichant certes d’excellents performances qui en font, avant comme après la guerre, l’une des meilleures sportives européennes, mais d’un prix exorbitant (Rançon d’une construction entièrement artisanale) ne peut, en tout cas à elle seule, assure l’avenir de la marque. D’autant plus que, en cette seconde moitié des années 1940, le client traditionnel d’Alfa Romeo, l’Armée italienne, n’existe plus. Ou, en tout cas, n’est plus guère en mesure de commander quoi que ce soit. Et surtout pas des moteurs d’avions, comme du temps du régime de Mussolini. Pour assurer le « pain quotidien » à ses ouvriers, l’entreprise en est même réduite à fabriquer des gazières.

Dernière Alfa Romeo vendue en châssis nu, la 6 C 2500 quitte discrètement la scène en 1951. Au même moment, un nouveau modèle entre en scène, l’Alfa Romeo 1900, qui marque la naissance d’une nouvelle génération de modèles et le début d’une nouvelle ère pour la firme milanaise. Celle du passage de la construction artisanale à la production en série. Née de la volonté du nouveau directeur, Pasquale Gallo, et étudiée, en grande partie, grâce aux subsides du plan Marshall, cette berline « moyenne » à caractère familiale, si elle ne peut pas pour autant être qualifiée de voiture populaire (Son prix de vente étant, de très loin, supérieur à celui d’ une Fiat), est, en tout cas, bien plus accessible que la 6 C 2500 et va contribuer à amener vers Alfa Romeo de nouveaux acheteurs qui, jusque-là, que ce soit par goût ou un certain manque de moyens, n’avait jamais franchis la porte d’un agent de la marque.

Si la 1900 marque donc pour le constructeur une véritable « révolution culturelle », elle n’en oublie ni ne renie pas pour autant ses racines ni le passé, aussi long que glorieux, de la marque en compétition. Sous le capot de cette superbe berline, dont les lignes sont dues à Ivo Colucci, on trouve en effet un brillant quatre cylindres à double arbre à cames en tête (Rare sont alors les berlines de moins de deux litres à disposer d’un tel raffinement mécanique). Dû à Giuseppe Busso et entièrement réalisé en alliage léger, ce moteur, affichant 1 884 cc, est équipé d’un vilebrequin à cinq paliers et développe une puissance de 80 chevaux. Grâce à un poids assez mesuré (1 100 kg à vide), la berline 1900 peut atteindre sans difficultés les 150 km/h, ce qui représente une performance très flatteuse à l’époque pour une voiture à caractère « familiale ».

alfa-romeo-2000-et-2600-15

Si les efforts de la marque se focalise, logiquement, sur celle-ci, ses dirigeants n’en oublie pas pour autant que, au sein de sa clientèle « traditionnelle », il subsiste toujours une « élite », composée aussi bien de membres de la haute société que d’amateurs de sport automobile, qui, si elle accepte, sans trop rechigner, de revoir quelque peu ses exigences à la baisse, n’en réclame pas moins des versions « spéciales » (C’est à dire « haute couture » de la nouvelle Alfa). Répondant à leurs désirs, la première de celles-ci, le coupé Sprint, assemblé chez Touring, l’un des plus célèbres carrossiers italiens et partenaire de longue date de la marque (Pour laquelle il a réalisé aussi bien des voitures de compétition que des coupés et cabriolets « d’apparat »), fait son apparition au Salon de Genève en mars 1951. Alimenté, cette fois, par deux carburateurs Solex, le quatre cylindres double arbre bénéficie également de soupapes de plus gros diamètre, ce qui lui permet de gagner une vingtaine de chevaux supplémentaires. La berline bénéficiera, elle aussi, rapidement de cette mécanique améliorée, sur la berline TI (pour Turismo Internationale), commercialisée dès l’année suivante. La berline standard voyant, elle, sa puissance passée à 90 ch en 1953. Capable d’atteindre les 170 km/h (En comparaison, la Renault Frégate, pourtant équipée d’un moteur de cylindrée comparable, doit se contenter d’ à peine 58 ch et ne peut guère prétendre qu’à 130 km/h), la TI va s’illustrer dans les plus grandes compétitions internationales et fera honneur à la réputation d’Alfa Romeo dans le milieu du sport automobile.

A suivre

Written by Jack

Laisser un commentaire