RENAULT FREGATE – LES AMBITIONS DECUES DE LA REGIE

Histoire

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Sur le plan esthétique, le seul changement notable pour le millésime 1958 sera la suppression de la mascotte en métal chromé, en forme d’avion supersonique, qui figurait jusque-là à l’extrémité du capot, celle-ci ayant été jugée trop dangereuse en cas de collision avec un piéton ou un cycliste.

De nouvelles moulures chromées, plus nombreuses encore, et de nouveaux traitements bicolores changeant à chaque millésime (Comme chez les constructeurs américains à l’ époque) n’ y changera rien non plus. (Il est vrai que certaines combinaisons de couleur, comme celle du jaune avec un vert « épinard » ou, plus encore, la combinaison du rouge « framboise » avec le rose foncé font ressembler la Frégate à une voiture de cirque ou à un véhicule de la caravane du Tour de France).

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Ayant sans-doute la nostalgie du temps où, avec ses 40 CV, Reinastella et Suprastella, Renault était le fournisseur officiel des garages de l’ Elysée, la direction de la marque fera faire fabriquée, là aussi en 1958, par Ghia, une version limousine de la Frégate, sur un châssis rallongé, destinée à la Présidence de la République. Bien que présentant des lignes assez réussie, elle ne servira toutefois que peu, à l’exception de quelques visites officielles de chefs d’Etats étrangers, comme le président américain Eisenhower ou le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev. Le général De Gaulle (Revenu à la tête de l’ Etat en janvier 1959) ne s’ en servira toutefois que fort peu, lui préférant, de loin, les Citroën.

Malgré toutes les tentatives de la Régie Renault pour faire en sorte que sa berline Frégate puisse se faire une place enviable sur le marché automobile de la France des années cinquante, toutes ou presque feront long feu. Prouvant (ou rappelant) que pour qu’un modèle (quel que soit le segment de marché qu’il occupe) connaisse une carrière commerciale réussie, il faut que celui-ci fait la preuve, dès le départ, de ses qualités et que le fruit soit donc bien mûr au moment de son lancement. Car, si, par malheur, le fruit est encore trop vert lorsque le modèle est lancé sur le marché, la grande majorité des clients refusent d’essuyer les plâtres, s’en détourne rapidement (et parfois même définitivement) et se dirigent alors vers d’autres modèles. Comme le dit un vieux dicton bien connu (Même si celui-ci n’est pas toujours vrai) : « La première impression est toujours la bonne, surtout si elle est mauvaise ! ».

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Les dernières Frégate se signaleront (à partir du millésime 1959) par leurs nouveaux feux arrière formant des embryons d’ ailerons. S’ étant déjà échoué depuis longtemps, celle qui devait être le « vaisseau amiral » de la gamme Renault des années cinquante et son porte-drapeau achève de faire naufrage en avril 1960, date à laquelle les derniers exemplaires quittent, de manière presque clandestine, l’ usine de Flins. Au total, toutes versions confondues, 180 463 exemplaires de la Frégate seront sortis des chaînes. Etant donné leur carrière fort courte et leur caractère assez marginal, tant au sein de la gamme Frégate que du catalogue Renault en général, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait eu qu’entre 9 000 et 12 000 exemplaires du break Domaine qui aient été produits.

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Les exemplaires restant en stock étant bradés aux administrations. La Frégate disparaît dans l’ anonymat le plus complet et dans l’ indifférence générale, le public l’ ayant, manifestement, déjà enterré depuis longtemps. Sans-doute à cause de ce cuisant échec, le terme « haut de gamme » devra, pendant plusieurs années, une appellation proscrite et un sujet tabou au sein des bureaux de la direction de la Régie. Ce n’ est que cinq ans plus tard, en 1965, que Renault investira à nouveau le secteur de la berline « grande routière » avec la R16. (Un projet initial, du nom de code 114, débuté à la fin des années 50, devait, au départ, remplacer la Frégate. Celui-ci devait prendre la forme d’une berline à propulsion équipée de quatre roues indépendantes, ainsi que d’un tout nouveau six cylindres en ligne en alliage léger. Mais son prix de revient trop élevé conduira, en 1961, à l’abandon du projet). Même si elle ne sera pas la première Renault d’après-guerre équipée d’un moteur 6 cylindres (Pour cela, il faudra attendre la R30, en 1975), celle qui deviendra la nouvelle « grande » Renault, la R16, connaîtra, elle, un succès colossal : Environ 1 850 000 exemplaires (Soit dix fois plus que sa devancière ! Même s’il est vrai qu’elle connaîtra une carrière longue de près de quinze ans). Un succès qui aura toujours manqué à l’infortunée Frégate.

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Maxime Dubreuil

Written by Jack

2 Comments
  1. ringhiosceaux

    Bonjour, ceci est un commentaire.
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  2. Frère Misère

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