ROLLS-ROYCE SILVER CLOUD, UNE NOUVELLE ERE POUR LA « SPIRIT OF ECTASY ».

Histoire

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Comme sa devancière, la Rolls-Royce Silver Wraith, la Silver Cloud, a, elle aussi, été réalisées dans de nombreuses exécutions hors-série. La première citée était, certes, toujours une Rolls-Royce « à l’ancienne » puisqu’elle n’ était livrée qu’en châssis nu, alors que la Silver Cloud, elle, poursuivait la politique de modernisation du constructeur, inaugurée avec la Bentley Mark VI et la Rolls-Royce Silver Dawn au lendemain de la guerre, où « le prêt-à-porter » (C’est-à-dire des voitures livrées entièrement carrossées et donc prêtes à prendre la route) avait commencé à remplacer le sur-mesure. Néanmoins, à la fin des années 50 et au début des années 60, il existait toujours, surtout dans la (très) traditionnelle Grande-Bretagne une clientèle « élitiste » qui tenait à pouvoir s’offrir une voiture unique. Dans ce domaine, ce sont, bien évidemment, les carrossiers britanniques qui ont obtenu la plus grosse part du gâteau, et qui ont signés sur la Silver Cloud quelques-uns de leurs plus beaux dessins. On peut notamment cité H.J. Mouliner, qui concevra un très élégant coupé dont les lignes reprenaient les principaux traits de style de la berline standard. James Young, de son côté, s’illustrera par des réalisations aux lignes bulbeuses, souvent élégantes mais parfois aussi un peu lourdes. Les plus baroques de ses carrossiers hors-série étant toutefois réalisées par des carrossiers comme Hooper ou Freestone & Webb. Parmi les plus originales, il faut mentionner celle de Harold Ratford (connu pour ses breaks de chasse sur base des Aston Martin DB5 et DB6) qui réalisera plusieurs breaks aux lignes assez réussis (Mais que la marque n’ osera jamais produire en série, un break, même de luxe, étant à cent voire à mille lieux de l’ image que sa riche clientèle ainsi que le grand public se faisait d’une Rolls-Royce). Quelques autres carrossiers étrangers auront aussi l’occasion d’habiller ce prestigieux châssis, comme le Suisse Graber ou le Français Henri Chapron. Les ateliers les plus prolifiques demeurent toutefois les établissements du carrossier Mulliner et ceux de Park Ward, deux carrossiers qui passeront sous le contrôle de Rolls-Royce et qui finiront par fusionner en 1961. La réalisation la plus remarquable de ces derniers sera sans doute les coupés et cabriolets « chinese eyes », surnommés ainsi en raison de leurs doubles paires de phares disposés en obliques (évoquant ainsi les yeux bridés des Chinois). Comme pour les berlines et les limousines Silver Cloud, les derniers exemplaires en seront livrés au début de l’année 1966, lorsque la Corniche (L’appellation des coupés et cabriolets basés sur la Silver Shadow) et leurs cousines, les Bentley Série T, seront dévoilées public. Si ces dernières connaîtront elles aussi des exécutions spéciales ou hors-série, elles seront loin d’êtres aussi nombreuses que pour la Silver Cloud, leur structure monocoque, bien que plus moderne, ne facilitant guère le travail des carrossiers indépendants, aux méthodes souvent encore très artisanales. Pour Rolls-Royce, comme pour tous les autres constructeurs de voitures de luxe, l’ère du tout « sur-mesure » était révolu et laissait définitivement place au « prêt à porter ».

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Texte Maxime Dubreuil

Written by Jack

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