ROLLS-ROYCE SILVER CLOUD, UNE NOUVELLE ERE POUR LA « SPIRIT OF ECTASY ».

Histoire

rolls-royce-10

Elle est alors remplacée par la Silver Cloud troisième du nom, qui se reconnaît immédiatement par ses doubles paires de phares, une évolution esthétique dictée par la demande de la clientèle américaine (Mais qui ne fera pas l’unanimité auprès de la clientèle européenne). Les clignotants avant sont désormais placés sur l’arête des ailes. Si, en apparence, la calandre est absolument identique à celle de sa devancière, sur la Silver Cloud III, sa hauteur a été sensiblement réduite, ce qui a permit d’abaisser la ligne du capot-moteur et d’améliorer sensiblement la visibilité. Si, sur le plan mécanique, elle conserve la mécanique de sa devancière, celle-ci bénéficie toutefois d’un taux de compression plus élevé. L’usine, toujours avare en données techniques, se contentant, dans ses communiqués, d’indiquer une augmentation de la puissance de l’ordre de 8 %, ce qui correspond environ à une quinzaine de chevaux

Au vue du statut qu’a depuis longtemps acquis la marque, celui de référence absolue et incontournable en matière de prestige automobile, et ce, aux quatre coins du monde, il apparaît évident que Rolls-Royce peut désormais se passer du besoin de toute publicité pour ses nouveaux modèles. Le constructeur va toutefois faire, à l’occasion de la présentation de la Silver Cloud III, une exception remarquée en décidant, tout d’abord, d’en confier un exemplaire au célèbre pilote Tony Brooks. Ce dernier va alors tester la Rolls-Royce sur la piste du mythique circuit de Goodwood, en n’hésitant pas à pousser le modèle dans ses derniers retranchements (Ce que, étant donné « l’ esprit maison » et l’ image que Rolls-Royce étant véhiculé, aucun de ses essayeurs ni de ses clients n’ avait sans-doute jamais vraiment tenté). Une fois ceci fait, il entreprend ensuite un long voyage sur le continent, en ralliant le Touquet au Cap-Ferrat, parcourant ainsi, presque d’un traité, une distance totale de 1 260 kilomètres (Ce qu’aucune Rolls-Royce n’avait probablement jamais fait auparavant). Un événement qui sera savamment mis en scène par la marque, qui éditera, à cette occasion, une luxueuse brochure racontant en détails les différentes étapes et les exploits du prestigieux périple.

rolls-royce-11

Incarnation incontournable du prestige automobile, non seulement à l’échelle de l’automobile anglaise mais aussi à l’échelle mondiale, c’est assez logiquement que la Rolls-Royce Silver Cloud deviendra aussi une icône du septième art, et pas uniquement au sein du cinéma britannique. Dans l’histoire du cinéma français, tout le monde se souvient sans doute de la trilogie Fantômas (tournée entre 1964 et 1966), avec, dans les rôles du commissaire Juve et du journaliste Fandor, Louis De Funès et Jean Marais. Dans le premier film mettant en scène les méfaits de l’insaisissable criminel à l’inquiétant visage fantomatique (d’où son nom), ce dernier, ayant pris les traits d’un richissime Lord anglais, dévalise le joaillier Van Cleef & Arpels situé sur la Place Vendôme et où la Rolls-Royce (Une Silver Cloud III revêtue d’une livrée noire et gris métallisée, traverse les beaux quartiers de Paris alors que défile le générique du début du film, sur la musique inimitable et immédiatement reconnaissable composée par Michel Magne (qui a participé, elle aussi, au succès du film). Dans le second épisode, « Fantômas se déchaîne », le criminel avait délaissé sa Rolls-Royce pour une Citroën DS qui, à la fin du film, se transforme en avion grâce à des ailes rétractables logées sous la voiture et des réacteurs placés dans le coffre, lui permettant, une fois de plus, de filer entre les doigts de Juve et Fandor. On retrouvera la Rolls-Royce dans le dernier film de la trilogie, « Fantômas contre Scotland Yard », où la même Rolls-Royce, au début du film, fait son apparition dans la ville d’Inveraray en Ecosse (où une nouvelle version du thème musical composé par Michel Magne est précédée par le son des cornemuses pour mieux mettre le spectateur dans « l’ambiance écossaise » du film), avec, évidemment, Fantômas pour passager qui a, cette fois, pris les traits d’un agent d’assurance), et traverse ensuite la campagne écossaise pour se rendre au château de Lord MacRashley Pour l’anecdote, bien que toute l’action du film se déroule au pays de Walter Scott, seule cette scène du film a été tournée en Ecosse. La plupart des châteaux écossais ont été jugés « décevants » par la production (car « trop petits » et ne correspondant pas à l’image que le public se faisait d’un château écossais, lequel, comme tout château médiéval « idéal », se devait d’avoir une taille et une superficie imposante). C’est pourquoi le choix de celle-ci se porta sur le château de Roquetaillade, situé en Gironde, (mais que l’on peut, d’une certaine façon, considéré comme un château anglais puisqu’il fut construit à une époque où la région d’Aquitaine était une possession du royaume d’Angleterre). On reverra une nouvelle fois la Rolls-Royce dans la dernière scène du film, où Fantômas, s’échappant d’abord à vélo et portant le masque du visage de Lord MacRashley, monte ensuite à bord de sa voiture, son butin entre les mains, en retirant son masque et en poussant un ricanement de victoire… pour ensuite disparaître et ne plus jamais revenir !

Dans un autre registre, certains se souvienne aussi probablement de la série L’Homme à la Rolls (Burke’s Law en version originale), produite par Aaron Spelling et tournée entre 1963 et 1966, où le commissaire de police Amos Burke (incarné par Gene Barry) profitait de son immense fortune pour se rendre au commissariat ainsi que sur les lieux de ses enquêtes à bord de sa Rolls-Royce conduite par son chauffeur.

La suite demain

Written by Jack

Laisser un commentaire